Présidentielle en Argentine : L’ascension de Javier Milei et ses défis économiques

La montée en puissance de Javier Milei

La scène politique argentine est en ébullition, et la candidature de Javier Milei, un fervent défenseur de l’anarcho-capitalisme, fait grand bruit. À quelques jours de l’élection présidentielle du 22 octobre, Milei est en tête des sondages, porté par un profond désarroi populaire et une lassitude envers les politiciens traditionnels argentins, accusés de corruption et d’incompétence.

Milei, économiste de formation, s’est rapidement distingué par ses discours enflammés et ses critiques virulentes du système politique en place. Il a gagné en popularité grâce à sa capacité à exprimer avec véhémence le mécontentement de la population argentine envers la classe dirigeante. Le candidat “anarcho-libéral” est parvenu à capter l’attention de 35% des électeurs, un score impressionnant pour un novice en politique, qui n’a rejoint le Congrès qu’en 2021. En Argentine, un candidat peut être élu dès le premier tour s’il obtient 45% des voix ou 40% des voix avec une avance de dix points sur son concurrent le plus proche. Il est donc tout à fait envisageable que Javier Milei devienne le nouveau président du pays dès le 22 octobre.

Le désir de changement économique en Argentine

La montée en puissance de Milei s’explique en grande partie par le désir de changement économique qui anime de nombreux Argentins. Le pays connaît une inflation à trois chiffres, et la valeur du peso par rapport au dollar s’est effondrée de moitié au cours de l’année. Après des décennies de gestion économique chaotique, principalement sous les administrations péronistes, la population est à bout de patience.

Javier Milei propose une approche radicale pour redresser l’économie argentine. Son programme inclut la privatisation des entreprises publiques sclérosées, la dollarisation de l’économie et la réduction du déficit à zéro dès sa première année au pouvoir. Il cite l’Australie, Israël, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande comme modèles politiques et économiques à suivre. Alors que de nombreuses tentatives de libéralisation économique ont échoué par le passé, l’Argentine pourrait devenir un laboratoire d’idées innovantes et porteuses de dynamisme.

La dollarisation de l’économie argentine suscite des débats passionnés. D’un côté, ses partisans estiment qu’elle permettrait de mettre fin aux problèmes d’inflation et de stabiliser l’économie en alignant la monnaie nationale sur le dollar américain. D’autres voient cependant des défis majeurs dans cette proposition.

Les défis de la dollarisation

La proposition de Milei d’adopter le dollar américain comme monnaie nationale est séduisante en théorie. D’autres pays, tels que l’Équateur et le Salvador, ont déjà franchi le pas avec succès. La dollarisation permettrait de réduire immédiatement l’inflation et de mettre fin aux fluctuations des taux de change qui entravent les échanges commerciaux.

Cependant, la mise en œuvre d’un tel système pose des défis considérables. Les banques et les ménages argentins auraient besoin d’une quantité importante de dollars pour faire fonctionner l’économie, une ressource que Milei ne pourrait pas fournir en quantité suffisante. À l’heure actuelle, l’Argentine peine même à honorer sa dette envers le Fonds monétaire international (FMI), son principal créancier. Si la banque centrale disparaissait avec le peso, il n’y aurait plus de prêteur en dernier recours, ce qui rendrait un défaut de paiement d’autant plus préoccupant.

Les économistes et les experts financiers s’interrogent sur la manière dont Milei compte surmonter ces obstacles. Les négociations avec le FMI seront inévitables, et elles nécessiteront une diplomatie et une expertise économique que le candidat atypique n’a pas encore démontrées.

L’influence de Jair Bolsonaro

Javier Milei a également attiré l’attention en raison de son admiration pour l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro. Il soutient ouvertement les théories du complot entourant les dernières élections au Brésil, et cela suscite des inquiétudes quant à sa position sur l’intégrité électorale en Argentine. Milei affirme même avoir été volé de 5% des voix lors des primaires, bien qu’il les ait remportées.

Cette proximité avec Bolsonaro et ses théories du complot préoccupent les défenseurs des libertés civiles en Argentine. Beaucoup estiment que Milei est intempestif, irréfléchi et excentrique, loin d’être le sauveur dont le pays a besoin.

Conclusion

L’élection présidentielle en Argentine s’annonce pleine de rebondissements avec la montée en puissance de Javier Milei, candidat atypique porteur d’idées économiques radicales. Alors que le pays fait face à des défis économiques majeurs, la proposition de dollarisation suscite à la fois l’espoir et l’inquiétude. Le prochain dirigeant argentin devra faire face à des négociations complexes avec le FMI et gérer les conséquences potentielles de la dollarisation sur l’économie nationale.

Le monde observe avec attention l’évolution politique en Argentine, car les décisions prises par le prochain président auront des répercussions non seulement à l’intérieur du pays, mais aussi à l’échelle internationale. Le chemin vers le changement économique et politique en Argentine est semé d’incertitudes, mais il est indéniable que le pays est à un tournant crucial de son histoire politique.

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