Chine : contraction des exportations, un indicateur de la fragilité économique croissante

Déclin continu des exportations : un signe de préoccupation

Face à une demande mondiale en fléchissement, les entreprises exportatrices chinoises sont confrontées à des défis majeurs, avec une réduction des ventes qui s’étend à presque toutes les régions du monde. Simultanément, les acquisitions de la Chine à l’étranger sont en baisse pour le onzième mois d’affilée.

Cette tendance met en lumière l’érosion progressive de la stabilité économique de la Chine, en préambule à l’annonce très attendue des chiffres de croissance du deuxième trimestre. D’après les statistiques en dollars diffusées jeudi par les douanes chinoises, les exportations de la Chine ont diminué pour le deuxième mois consécutif en juin, alors que les importations ont enregistré leur huitième mois de déclin consécutif.

Les exportations, qui représentent un levier de croissance essentiel pour le pays, ont ainsi diminué de 12,4 % sur une année, suite à une baisse de 7,5 % le mois précédent. En parallèle, les importations ont chuté de 6,8 % (- 4,5 % en mai). Néanmoins, en définitive, l’excédent commercial de la deuxième économie mondiale s’est élevé à 70,2 milliards de dollars, contre 65,81 milliards en mai.

Une baisse généralisée, à l’exception notable des exportations vers la Russie

En analysant plus en détail, le déclin des ventes chinoises est quasiment universel. Les exportations vers les pays de l’ASEAN, qui sont le principal partenaire commercial de la Chine, ont ainsi baissé de 16,86 % en juin par rapport à l’année précédente. Cette régression témoigne de l’impact du ralentissement économique global sur l’économie chinoise, dont l’ASEAN est un partenaire commercial clé.

Les exportations vers l’Union européenne ont également subi un coup, avec une baisse de 12,9 % en glissement annuel. Il est à noter que les exportations vers l’Union européenne constituent une part significative du commerce extérieur chinois, et cette baisse peut avoir des implications significatives pour les relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne.

Quant aux expéditions vers les États-Unis, elles ont connu une baisse pour le onzième mois consécutif en raison de tensions politiques et commerciales persistantes. Elles ont chuté de 23,7 % en juin, soit la plus forte baisse enregistrée depuis le mois de novembre dernier.

Toutefois, il y a une exception notable à cette tendance globale : les exportations vers la Russie. Elles se portent bien, probablement à cause des sanctions occidentales qui ont limité les options commerciales de Moscou. En juin, les ventes de la Chine à la Russie ont augmenté de plus de 90 %, une croissance remarquable dans le contexte actuel.

Des efforts accrus pour stimuler le commerce extérieur dans un environnement difficile

Sans surprise, cette performance décevante reflète une fois de plus que la reprise économique, qui avait commencé à montrer des signes de vie au premier trimestre après l’abandon de la politique du « zéro Covid », n’a pas été aussi robuste que prévu. Pékin reconnaît maintenant que la situation est difficile.

Lyu Daliang, porte-parole de l’Administration générale des douanes, a exprimé cette réalité lors d’une conférence de presse. « L’inflation demeure prévalente dans les économies des pays développés, les conflits géopolitiques subsistent et la demande mondiale reste faible », a-t-il déclaré. Il a souligné que la Chine serait soumise à davantage de pressions pour encourager une croissance stable de son commerce extérieur au second semestre de l’année.

Cette situation a des répercussions directes sur l’emploi et les milliers d’entreprises chinoises qui se concentrent sur les marchés étrangers. Ces entreprises sont contraintes de ralentir leur activité en raison de la baisse de la demande mondiale, ce qui peut à son tour avoir des implications sur le marché de l’emploi en Chine.

Sur l’ensemble du premier semestre de l’année, les exportations chinoises ont diminué de 3,2 % par rapport à l’année précédente. La baisse des importations a été plus marquée, atteignant 6,7 % par rapport au premier semestre de 2022.

Perspectives : quels défis pour l’économie chinoise ?

Le tableau dressé par ces derniers chiffres met en lumière les défis auxquels l’économie chinoise est confrontée. Les tensions géopolitiques, une demande mondiale languissante et une inflation dominante dans les pays développés sont autant de facteurs qui mettent la Chine sous pression.

Malgré ces obstacles, il est important de noter que la Chine a réussi à maintenir un excédent commercial, signe de la résilience de son économie. Si la Chine peut surmonter ces défis et stimuler sa croissance économique, elle pourrait éventuellement contribuer à une reprise économique plus large qui bénéficierait à l’ensemble de l’économie mondiale.

En somme, bien que l’économie chinoise soit confrontée à une série de défis, elle dispose également de nombreuses opportunités pour stimuler sa croissance. Avec une stratégie économique solide et une politique commerciale flexible, la Chine a la possibilité de renverser cette tendance et de stimuler sa croissance à long terme.

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