Guerre en Ukraine : La menace persistante autour de la centrale nucléaire de Zaporijia

Accusations et tensions croissantes

La situation autour de la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine suscite de plus en plus d’inquiétude. Depuis les premiers jours de l’invasion russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky accuse la Russie de préparer une attaque contre la centrale. Selon les renseignements militaires ukrainiens, la Russie aurait déjà évacué ses soldats de la centrale et aurait ordonné à certains employés de quitter les lieux avant le 5 juillet.

Lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, le président Zelensky a déclaré qu’il existe une menace sérieuse de la part de la Russie, qui serait techniquement prête à provoquer une explosion localisée à la centrale, entraînant une fuite radioactive.

Une guerre de communication

Depuis sa capture par les forces russes en mars 2022, la centrale nucléaire de Zaporijia et ses six réacteurs sont devenus le théâtre d’une guerre de communication entre l’Ukraine et la Russie. Chaque pays accuse l’autre de préparer une attaque contre la centrale, alimentant ainsi les tensions.

Le danger du refroidissement des réacteurs

La destruction du barrage hydroélectrique de Nova Kakhovka, dont dépendait la centrale de Zaporijia pour le refroidissement de ses réacteurs, a rendu la situation encore plus préoccupante. Malgré les dénégations de Moscou, une enquête du “New York Times” a révélé que les forces russes sont probablement responsables de la destruction du barrage, qui était sous leur contrôle depuis le début de l’invasion.

Les autorités ukrainiennes affirment que l’armée russe a miné quatre des six réacteurs de la centrale de Zaporijia, ainsi qu’un des bassins de refroidissement. La Russie nie ces accusations et accuse à son tour l’Ukraine de vouloir détruire les installations de la centrale.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré que lors de la visite des experts de l’AIEA le 15 juin, aucune trace visible de mines ou d’explosifs n’a été trouvée. Cependant, des vérifications supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la présence ou l’absence de toute menace.

Préparation à un éventuel accident

Les autorités ukrainiennes ont lancé des exercices de grande ampleur dans les régions de Zaporijia, Kherson, Mykolaïv et Dnipro afin de se préparer à un éventuel accident. Ces exercices mobilisent la police, les services d’urgence et les fonctionnaires locaux.

En plus de la destruction intentionnelle des réacteurs, l’alimentation électrique de la centrale est également une source d’inquiétude. En octobre dernier, la centrale a été complètement déconnectée du réseau électrique ukrainien, et le refroidissement des réacteurs ne dépendait plus que de générateurs diesel.

Selon l’AIEA, la centrale dépend actuellement d’une seule ligne électrique pour refroidir ses réacteurs et assurer d’autres fonctions de sécurité, alors qu’elle en disposait de quatre avant l’invasion russe. La vulnérabilité de l’alimentation électrique externe de la centrale est une préoccupation majeure.

Les conséquences pour l’Otan

Les alliés de l’Ukraine, notamment les États-Unis, prennent cette menace très au sérieux. Une résolution déposée au Sénat américain propose que l’utilisation d’armes nucléaires tactiques par la Russie ou l’un de ses alliés, ainsi que la destruction d’une installation nucléaire entraînant la contamination radioactive d’un pays membre de l’Otan, soit considérée comme une attaque contre l’Alliance. Cela pourrait justifier le recours à l’article 5 de l’Otan, qui prévoit l’obligation de défense mutuelle.

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