L’accélération de la crise climatique : phénomènes extrêmes et températures record

Des canicules, des incendies et des sécheresses sans précédent

L’été, la saison de tous les dangers, n’a pas encore débuté dans l’hémisphère Nord. Pourtant, un cortège de phénomènes climatiques extrêmes s’abat déjà sans relâche sur la planète, du Canada à la Sibérie, en passant par l’Asie et jusqu’au fond des océans. Les médias diffusent des photos des catastrophes, et les agences météorologiques publient des cartes et des courbes étayant le caractère exceptionnel de ces canicules, incendies ou sécheresses. Alors que la France connaît aussi des températures inhabituellement élevées pour un mois de juin, la même question revient : la crise climatique s’accélère-t-elle ?

Pas un jour ne passe sans phénomène inédit dans plusieurs domaines liés au climat. Les températures moyennes mondiales relevées au début de juin ont été les plus chaudes jamais enregistrées pour cette période, a annoncé jeudi 15 juin, le service européen Copernicus. Le Canada est dépassé par des mégafeux hors de contrôle, avec plus de 400 foyers qui constellent le territoire d’ouest en est. Alors que la saison des incendies n’a pas encore officiellement commencé, près de 5 millions d’hectares sont déjà partis en fumée, le double de la moyenne annuelle enregistrée par le pays sur la dernière décennie. En Sibérie, le froid glacial a laissé place à une fournaise. Le mercure a dépassé 40 °C dans la région russe, lors de la « pire vague de chaleur de son histoire », selon le climatologue Maximiliano Herrera, qui suit les plus fortes températures à travers le monde. « L’histoire climatique mondiale écrit une nouvelle page incroyable aujourd’hui », avait-il tweeté le 3 juin.

Des températures records en Asie et en Europe

L’Asie du Sud-Est suffoque elle aussi, sous une série de canicules historiques depuis la mi-avril : 45 °C en Thaïlande, 44 °C en Inde, au Vietnam et en Birmanie, 43 °C au Laos… Il y a quelques semaines, Shanghaï a également vécu la journée du mois de mai la plus chaude depuis plus d’un siècle (avec 36,7 °C), et une cinquantaine de stations chinoises ont eu des niveaux jamais atteints en juin, jusqu’à 43 °C. Ailleurs, Porto Rico est frappé par une vague de chaleur exceptionnelle, l’Espagne a connu son printemps le plus chaud et le deuxième plus sec jamais enregistré, le Danemark endure plusieurs semaines sans pluie, une première depuis 2006, et la banquise antarctique n’avait jamais été aussi réduite en mai et en juin.

Cette flambée des températures frappe de plein fouet les océans, qui absorbent environ 90 % de l’énergie accumulée dans le système terrestre. Leur surface a connu le mois de mai le plus chaud. L’Atlantique Nord suscite particulièrement les inquiétudes des climatologues, en affichant des anomalies de + 1,1 °C par rapport à la moyenne 1982-2023, un record absolu. « C’est énorme pour l’ensemble d’un bassin, étant donné que l’eau de mer met beaucoup plus de temps à se réchauffer que l’atmosphère », réagit Sabrina Speich, océanographe à l’Institut Pierre-Simon-Laplace et professeure en géosciences à l’Ecole normale supérieure. La situation est encore pire en Méditerranée occidentale et dans l’Atlantique tropical, avec un réchauffement de + 3 °C à + 4 °C. « Les écosystèmes marins ne peuvent pas s’adapter à des changements aussi brusques, prévient la scientifique. Selon la durée des vagues de chaleur, on peut s’attendre à de très fortes mortalités comme l’an dernier. »

Les conséquences du changement climatique d’origine humaine

Une partie de ces effets peut s’expliquer par la fin du phénomène La Niña, qui avait duré trois années consécutives et diminué la température mondiale, et par l’arrivée d’El Niño, qui a officiellement commencé il y a une semaine. Ce réchauffement d’une partie de l’océan Pacifique équatorial, qui survient de manière naturelle tous les deux à sept ans, se traduit par une élévation des températures mondiales (environ 0,2 °C) et augmente le risque d’événements extrêmes dans de nombreuses régions.

Mais les catastrophes de cette année, comme celles des précédentes, sont avant tout la conséquence du changement climatique d’origine humaine. « Il ne fait aucun doute que nous assistons, année après année, à une intensification des phénomènes extrêmes en raison du réchauffement, explique le climatologue Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l’université de Pennsylvanie. Ces catastrophes vont continuer à être de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves si nous continuons à réchauffer la planète. » Les activités humaines, principalement la combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et la déforestation, émettent des gaz à effet de serre qui s’accumulent dans l’atmosphère et

provocan un aumento en el sistema climático.

Selon les experts, le rythme du réchauffement climatique s’est accéléré au cours de la dernière décennie. Selon Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement s’accroît à un rythme sans précédent de plus de 0,2 °C par décennie (et de 0,5 °C pour les continents), selon une récente étude. Cependant, il est encore incertain si cette accélération va se poursuivre à la même cadence à l’avenir. Il convient également de noter que cette augmentation est temporairement renforcée par la diminution des aérosols, ces particules polluantes qui ont un effet de refroidissement sur le climat.

Les conséquences du réchauffement climatique dépassent souvent les prévisions des modèles climatiques. Par exemple, la fonte de la banquise arctique se produit à un rythme plus rapide que prévu, ce qui pourrait entraîner une disparition totale de la banquise estivale dès les années 2030. Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique subissent également une débâcle importante, contribuant à l’élévation du niveau de la mer. De plus, les canicules, les mégafeux et les sécheresses sont plus intenses que prévu dans certaines régions, notamment en Europe de l’Ouest.

La situation devrait encore s’aggraver dans les mois à venir en raison du renforcement d’El Niño. Selon les prévisions, El Niño atteindra son intensité maximale entre décembre et janvier, ce qui pourrait rendre les années 2023 et 2024 encore plus intenses que 2016, qui avait été marquée par un fort El Niño. Il est même possible que la barre des 1,5 °C de réchauffement, limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris sur le climat, soit temporairement franchie pendant au moins une année entre 2023 et 2027.

Cette combinaison de réchauffement climatique et d’El Niño complique les prévisions pour la saison des ouragans dans l’Atlantique. Bien que El Niño ait tendance à réduire l’activité des ouragans, le réchauffement observé dans certaines parties de l’Atlantique Nord pourrait au contraire renforcer leur puissance.

Il est donc urgent de prendre des mesures pour atténuer les effets dévastateurs de la crise climatique. Une réduction immédiate et drastique des émissions de gaz à effet de serre est nécessaire pour freiner le réchauffement climatique et limiter les phénomènes extrêmes. Les pays doivent continuer à mettre en œuvre des politiques de transition énergétique, favorisant les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. De plus, la préservation des écosystèmes naturels, tels que les forêts et les océans, est essentielle pour absorber le dioxyde de carbone et réguler le climat.

Il est indéniable que la crise climatique s’accélère et que les phénomènes extrêmes se multiplient à travers le monde. Nous devons agir maintenant pour protéger notre planète et les générations futures. Le temps presse, et chaque action compte.

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