L’Horlogerie de Luxe : Une Industrie en Pleine Expansion

Un Salon Éblouissant de Prouesses Techniques

Dans les couloirs rouges de Palexpo, les visiteurs affluent pour découvrir les dernières avancées techniques présentées par les exposants lors du salon EPHJ. Cet événement majeur de la sous-traitance horlogère et médicale a réuni à Genève près de 800 entreprises, du mardi au vendredi, dans un contexte économique florissant. Les décolleteurs, fabricants de cadrans et autres spécialistes des complications horlogères profitent pleinement de l’engouement suscité par les produits de luxe depuis la fin de la pandémie. Les exportations horlogères ont atteint l’année dernière un montant record de 24,8 milliards de francs suisses, et elles ont continué à croître au début de cette année, avec une progression de 10,5% au cours des quatre premiers mois.

Une Industrie Prospère Attirant une Clientèle Exigeante

Au milieu d’un public principalement composé de professionnels, des représentants de marques horlogères se mêlent à des industriels d’autres secteurs friands de précision et de miniaturisation, ainsi qu’à des observateurs avertis du secteur. Parmi eux se trouve Jean-Jacques Weber, président de la Fédération horlogère française, qui a consacré toute sa carrière à ce domaine depuis sa découverte en 1978, en pleine crise du quartz.

Cependant, malgré l’engouement sans précédent que connaît l’horlogerie de luxe, Jean-Jacques Weber observe avec prudence cette effervescence. De nouveaux marchés géographiques, les millionnaires de la cryptomonnaie ainsi que les jeunes passionnés de montres haut de gamme alimentent la demande. Il est devenu évident que la belle montre est également devenue un objet de spéculation, un phénomène relativement nouveau selon Jean-Jacques Weber.

Une Situation Florissante pour les Sous-Traitants

Profitant de cette période faste, les sous-traitants interrogés affichent des carnets de commandes débordants. Les délais de livraison s’étendent déjà jusqu’en 2024 et certaines entreprises s’attendent à réaliser une meilleure performance cette année par rapport à 2022, une année déjà exceptionnelle. Cependant, conscients que la situation peut rapidement changer, ils gardent à l’esprit que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, comme le rappelle Jean-Jacques Weber.

La principale interrogation concerne le moment où ce retournement pourrait se produire. En avril, les exportations horlogères à destination des États-Unis ont connu une baisse de 4,9%. L’espoir réside désormais dans le fait que la Chine prenne le relais, car l’effet post-COVID n’a pas encore complètement déployé ses effets, souligne François Billig, PDG du groupe Acrotec, qui regroupe une vingtaine d’entreprises actives dans la sous-traitance horlogère.

Une Industrie en Quête d’Innovation et de Diversification

Les acteurs de l’industrie horlogère se questionnent également sur l’ampleur d’un éventuel ralentissement. François Billig souligne que le sous-traitant est par essence une “variable d’ajustement” et que cela fait partie de leur métier. Ils sont conscients que la légère variation sur le marché peut être amplifiée dans la chaîne de valeur, ce qui rend le secteur vulnérable à un éventuel retour de balancier douloureux.

Pour faire face à ces fluctuations, de nombreux sous-traitants cherchent à développer de nouveaux procédés et à travailler avec de nouvelles matières afin de se différencier auprès des grandes marques telles que Rolex, Audemars Piguet ou Patek, et devenir ainsi indispensables. L’innovation est un moteur essentiel de cette industrie. Les entreprises exploitent les périodes moins intenses pour développer de nouveaux produits et accélérer l’innovation. De plus, elles cherchent à répondre aux demandes toujours plus complexes des clients en matière de qualité et de fiabilité.

Maxime Auchlin, dirigeant d’une PME spécialisée dans le polissage horloger à La Neuveville, sait combien il est important de viser l’excellence dans ce secteur. Conscient des spécificités de son activité, il privilégie l’artisanat professionnel et mise sur la réactivité, la qualité et la gestion prudente pour répondre aux attentes des clients.

Une Industrie en Mutation

Face à la baisse inexorable des volumes, qui ont été divisés par deux en dix ans, l’industrie horlogère est confrontée à de nouveaux défis. L’effondrement des volumes dans l’entrée et le moyen de gamme suscite des inquiétudes. Cependant, la diversité des fonctions occupées par les sous-traitants offre de nouvelles opportunités pour compenser cette tendance. Les marques haut de gamme jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’industrie horlogère, mais des marques de milieu de gamme, telles que Longines, Frederique Constant ou Maurice Lacroix, ont également leur place dans cet écosystème.

L’industrie horlogère de luxe continue donc de prospérer, grâce à l’engouement des consommateurs pour les montres de haute qualité et de luxe. Les sous-traitants s’adaptent constamment à cette demande en investissant dans l’innovation, la diversification et la qualité. Toutefois, ils restent conscients des fluctuations du marché et de la nécessité de s’ajuster rapidement pour maintenir leur position dans cette industrie dynamique et compétitive.

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