Comment l’IA révolutionne la médecine : l’émergence d’un super-assistant pour les médecins

L’IA en imagerie médicale : une avancée colossale

L’intelligence artificielle (IA) est en train de transformer radicalement le domaine médical et devient un soutien essentiel pour les médecins. Dans plusieurs spécialités, notamment en imagerie médicale, cette technologie est capable d’accomplir des tâches aussi bien, voire mieux, que les médecins humains. Les progrès réalisés ces dernières années dans des domaines tels que la radiologie, la dermatologie et l’oncologie sont colossaux. Par exemple, une équipe de l’Institut Curie a développé un algorithme révolutionnaire capable de déterminer l’origine des cancers “de primitifs inconnus”, c’est-à-dire ceux pour lesquels le premier organe touché ne peut être identifié. Cette avancée majeure a été présentée lors du congrès de l’American Association for Cancer Research (AACR) en avril dernier.

L’IA en imagerie médicale permet également de repérer des fractures ou des tumeurs invisibles à l’œil humain. Des entreprises comme Incepto, basée à Paris, offrent déjà une vingtaine d’applications d’aide à la lecture et au diagnostic médical. En collaborant avec d’autres start-up spécialisées, telles qu’Avicenna.AI pour la prise en charge des AVC aux urgences ou ScreenPoint Medical pour l’interprétation des mammographies, Incepto parvient à fournir des solutions efficaces et accessibles aux professionnels de la santé.

Selon Antoine Jomier, cofondateur et PDG d’Incepto, l’IA dans le domaine de l’imagerie médicale rappelle l’émergence de technologies comparables à celles des humains en 2016. Cette période a vu la création de près de 300 start-up dans le monde entier. Une fois que ces solutions ont été validées sur le plan réglementaire, le principal défi a été de les rendre accessibles aux médecins. La plateforme développée par Incepto permet justement de résoudre ce problème d’accès. En plus de collaborer avec d’autres entreprises, Incepto développe également ses propres logiciels, notamment pour l’aide au diagnostic et au suivi des anévrismes de l’aorte.

Il est important de souligner que l’IA ne vise pas à remplacer les médecins, mais à bouleverser les pratiques médicales et les parcours de prise en charge des patients. Elle renforce également la confiance dans le diagnostic médical, en fournissant des informations complémentaires et en aidant les médecins à prendre des décisions éclairées.

L’IA au service de la santé mentale

Outre son application dans l’imagerie médicale, l’IA présente un potentiel énorme dans le domaine de la santé mentale. Lors du dernier CES de Las Vegas, la start-up Emobot, basée à Paris, a présenté une solution innovante capable de traduire les expressions faciales en émotions, grâce à une caméra. Cette technologie permet un suivi continu dans le temps,

ce qui permet de détecter précocement les troubles de l’humeur. L’objectif d’Emobot est d’aider les médecins à ajuster les traitements en fonction des émotions détectées. Le logiciel d’Emobot peut être intégré dans des robots utilisés dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), mais il peut également être utilisé sur des smartphones ou des ordinateurs. Emobot prévoit de faire certifier son produit en tant que dispositif médical et prépare une levée de fonds dans les mois à venir.

Un marché en pleine expansion

L’IA représente un marché en plein essor dans le domaine de la santé. Selon les estimations, le marché mondial de l’IA en santé était de 4,9 milliards de dollars en 2020 et devrait atteindre 45 milliards de dollars en 2026, pour atteindre 100 milliards de dollars d’ici 2030. Cette croissance s’explique par les nombreuses possibilités offertes par l’IA pour améliorer la productivité, la sécurité et l’efficacité des pratiques médicales. Cependant, l’intégration des données dans les algorithmes et leur utilisation soulèvent des questions cruciales. Il est essentiel de trouver un équilibre entre une réglementation adaptée et une exploitation optimale de ces nouveaux modèles.

Dans le domaine médical, l’adoption de l’IA varie d’un praticien à l’autre. Certains médecins sont curieux et enthousiastes à l’idée d’utiliser ces nouveaux outils, tandis que d’autres se montrent plus réticents. Frédéric Thomas, associé santé et pharma chez Roland Berger, souligne que contrairement aux vagues technologiques précédentes, la crainte de remplacement concerne cette fois des professions hautement spécialisées et à fort contenu cognitif. L’IA risque également de modifier les rôles, y compris pour des tâches moins nobles, comme la rédaction des comptes rendus médicaux, actuellement réalisée par des internes. Cette évolution pose également des questions en matière de formation des futurs médecins.

L’IA au service de la prévention et de l’anticipation des risques

À l’avenir, l’IA pourrait devenir un véritable assistant capable de prédire les complications postopératoires. Par exemple, la start-up SurgeCare, basée à Paris, a développé une solution novatrice permettant d’établir une cartographie du système immunitaire à partir d’un simple kit sanguin. Grâce à des algorithmes prédictifs, cette technologie identifie les risques potentiels. La société française collabore également avec des laboratoires liés à l’incubateur de l’université de Stanford, à Palo Alto (Californie). L’objectif de SurgeCare est d’aider les chirurgiens et les anesthésistes à évaluer les risques en leur fournissant des informations synthétiques et claires pour les aider dans leur prise de décision. Cette solution vise à améliorer la préparation des patients avant une intervention chirurgicale et à guider les chirurgiens pendant l’opération. Actuellement en phase d’essais cliniques pour la chirurgie digestive, cette technologie pourrait également être étendue à l’urologie et aux complications de la grossesse. La start-up envisage de lever 4 millions d’euros d’ici l’été et prévoit de commercialiser sa solution d’ici la fin de l’année 2024. L’IA ouvre ainsi la voie à une médecine de plus en plus personnalisée, répondant aux besoins spécifiques de chaque patient.

En conclusion, l’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus important dans la médecine moderne. Bien qu’elle ne remplace pas les médecins, elle révolutionne les pratiques médicales en fournissant des outils d’aide au diagnostic, à la prévention et à l’anticipation des risques. L’IA permet de repérer des anomalies invisibles à l’œil humain en imagerie médicale, d’améliorer le suivi des patients en santé mentale et de prédire les complications postopératoires. Le marché de l’IA en santé connaît une croissance exponentielle et offre de nombreuses perspectives d’innovation et de progrès pour les années à venir. Complete article.

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