Un nouveau médicament réduit les bouffées de chaleur de la ménopause – sans hormones

Des chercheurs ont développé un traitement révolutionnaire pour les symptômes de la ménopause

Les bouffées de chaleur sont l’un des symptômes les plus courants et dérangeants de la ménopause. Elles peuvent rendre la vie quotidienne et les nuits difficiles pour de nombreuses femmes. Jusqu’à présent, les traitements hormonaux étaient considérés comme les plus efficaces pour soulager ces symptômes. Cependant, certains ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre d’hormones. Heureusement, un nouveau médicament révolutionnaire, sans hormones, pourrait bientôt être disponible en Europe pour traiter ces bouffées de chaleur.

Comprendre les causes des bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleur surviennent pendant la ménopause en raison d’une perturbation de notre thermostat interne dans le cerveau. Ce thermostat est responsable de la régulation de la température corporelle, tout comme le thermostat d’un système de chauffage domestique. Des capteurs répartis dans différentes parties du corps signalent la température à la centrale thermique du cerveau, qui décide ensuite de chauffer ou de refroidir le corps.

Ce système complexe est régulé par des neurotransmetteurs qui rendent le thermostat sensible. L’œstrogène, une hormone, a un effet inverse en réduisant cette sensibilité.

Lorsque l’œstrogène fait défaut pendant la ménopause, les neurones de notre centrale thermique deviennent hypersensibles. Cela peut conduire à des situations où le thermostat interne pense que nous avons chaud, même si les capteurs de température du corps ne signalent pas de hausse de la température. La centrale thermique donne alors l’ordre de se refroidir, entraînant une dilatation des vaisseaux sanguins pour évacuer la chaleur, ce que nous ressentons comme une bouffée de chaleur. En même temps, la production de sueur est également augmentée pour aider à refroidir la peau.

Un nouveau médicament pour rétablir l’équilibre

Des années de recherche et de développement ont permis la création d’un nouveau médicament sans hormones qui rétablit le bon fonctionnement de la centrale thermique dans le cerveau. Ce médicament agit en bloquant les neurotransmetteurs responsables de l’hypersensibilité du thermostat interne. Il permet ainsi de réduire les bouffées de chaleur chez les femmes ménopausées.

Différentes équipes de recherche et des entreprises pharmaceutiques se sont investies dans le développement de ces nouvelles substances. Au début du mois de mai, l’administration américaine chargée de la réglementation des médicaments, la FDA, a accordé pour la première fois une autorisation à l’un de ces médicaments. Il devrait être disponible sur le marché cet été sous le nom commercial de Veozah, développé par la société japonaise Astellas. Depuis fin 2022, l’Agence européenne des médicaments et depuis début février, l’autorité suisse de réglementation des médicaments

examinent également ce médicament. Il est donc possible qu’il soit disponible cette année en Europe.

Une avancée majeure dans la médecine féminine

Certains experts qualifient cette autorisation de “jalon dans la médecine féminine”. Selon les gynécologues interrogés par le magazine spécialisé “Nature”, de véritables avancées dans le traitement des symptômes de la ménopause sont rares. Le Veozah représente donc une lueur d’espoir pour les femmes souffrant de bouffées de chaleur et d’autres symptômes liés à la ménopause.

Efficacité du Veozah dans le traitement des bouffées de chaleur

Des études cliniques menées à travers le monde ont déjà été réalisées sur Veozah, impliquant environ 3 000 femmes âgées de 45 à 60 ans. Selon une étude récemment publiée, la prise quotidienne d’un comprimé réduit à la fois le nombre de bouffées de chaleur par jour et leur intensité.

Les effets du nouveau médicament ont été observés dès la première semaine et sont restés stables pendant toute l’année de l’étude. Au fil des semaines, les femmes ont également constaté une amélioration de leur qualité de vie et de leur sommeil.

Cependant, Veozah ne supprime pas complètement les bouffées de chaleur. En moyenne, le nombre de bouffées de chaleur est passé d’environ douze par jour à moins de cinq avec le médicament. Deux tiers des femmes ont déclaré que le médicament avait réduit leurs bouffées de chaleur d’au moins 50 %. Toutefois, quatre femmes sur dix du groupe placebo ont également signalé une amélioration.

Il est important de noter que les résultats des placebos sont souvent observés lors des études sur les symptômes de la ménopause, y compris celles impliquant des traitements hormonaux. Cela s’explique par le fait que les symptômes peuvent s’améliorer naturellement au fil du temps. De plus, la collecte des données sur les symptômes n’est pas toujours précise, car les femmes fournissent des informations a posteriori.

Veozah comme alternative aux traitements hormonaux

Selon Petra Stute, gynécologue et responsable du Centre de la ménopause à l’Hôpital de l’Île de Berne, Veozah est aussi efficace que les traitements hormonaux pour soulager les bouffées de chaleur. Elle considère ce nouveau médicament comme une précieuse addition à l’arsenal thérapeutique, en particulier pour les femmes qui ne peuvent pas prendre d’hormones, comme les patientes atteintes de cancer du sein. Les femmes souffrant d’effets secondaires des traitements hormonaux pourraient également bénéficier d’une combinaison de faibles doses d’hormones et du nouveau médicament.

Sécurité du médicament et effets indésirables potentiels

Selon les responsables des études, le nouveau médicament n’a entraîné que très peu d’effets indésirables graves. Dans l’étude mentionnée, quin

ze femmes ont présenté des taux élevés d’enzymes hépatiques. Ces valeurs se sont normalisées pendant ou après la prise du médicament. Aucun signe de dommage hépatique n’a été observé pendant l’étude.

Cependant, il n’est pas encore certain que la prise du médicament pendant plusieurs années, comme cela se produirait dans la vie réelle, puisse entraîner des problèmes hépatiques durables. C’est pourquoi la FDA a exigé que les taux de foie soient régulièrement contrôlés au cours des premiers mois de traitement et que les femmes ayant des problèmes hépatiques ne reçoivent pas Veozah. Cette surveillance est importante car elle permet de recueillir davantage de données sur la sécurité à long terme du médicament.

Prix et disponibilité

Pour l’instant, un autre facteur pourrait empêcher une large diffusion de Veozah : une boîte de 30 comprimés, soit une dose mensuelle, coûte 550 dollars aux États-Unis. Il est encore incertain si les assurances maladie dans notre pays accepteront de couvrir de tels prix. Cependant, des négociations sont en cours pour rendre le médicament plus abordable et accessible aux femmes qui en ont besoin.

En conclusion, le Veozah représente une avancée majeure dans le traitement des bouffées de chaleur de la ménopause. Ce nouveau médicament, sans hormones, offre une alternative efficace aux traitements hormonaux pour soulager les symptômes de la ménopause. Bien que certains effets indésirables potentiels aient été observés, Veozah est considéré comme sûr dans l’ensemble. Les femmes ménopausées et leurs médecins pourront bientôt décider ensemble si ce médicament est la meilleure option pour leur situation particulière.

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