La Quête d’un « Hollywood à la Française » : Un Nouveau Chapitre pour les Studios de Cinéma en France

L’État prêt à investir dans le futur du cinéma français

Dans le cadre du plan France 2030, le gouvernement se prépare à injecter 350 millions d’euros de subventions dans l’industrie cinématographique. Ce montant colossal attise la convoitise des dirigeants de studios, des producteurs, des investisseurs, des urbanistes et surtout, de nombreux élus qui rêvent de l’émergence d’un « Hollywood à la Française » sur leur territoire.

Au sein du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui gère cet appel à projets en collaboration avec la Caisse des dépôts et la Banque des territoires sous l’égide de Matignon, l’annonce des lauréats de cette chasse au trésor public est attendue avec impatience. Cependant, aucune information n’a été divulguée sur le moment et le lieu de l’annonce.

Formation de studios et de centres de formation : une vision ambitieuse

Ce plan audacieux, baptisé « Grande fabrique de l’image », vise à créer une dizaine de grands studios de tournage, une vingtaine de studios de production numérique et plusieurs centres de formation dédiés aux métiers du cinéma. Bien que ce projet s’adresse à tous les territoires, l’Île-de-France, l’arc méditerranéen de Marseille à Montpellier et le Nord, bastion du jeu vidéo, sont considérés comme stratégiques et donc prioritaires. L’objectif est de doubler la capacité de production de la France et de la mettre à niveau face à la demande croissante de complexes et de lieux de tournage, alimentée par les plateformes de streaming comme Netflix, Amazon, Disney et France Télévisions.

Malgré un nombre important de studios (23) et une surface totale de 58 000 mètres carrés, la France reste loin derrière les studios britanniques et allemands qui disposent respectivement de 360 000 et 156 000 mètres carrés. Les studios Shepperton Studios au Royaume-Uni et Cinecittà en Italie ont déjà bénéficié de financements publics significatifs, respectivement de 586 et 300 millions d’euros.

Une sélection rigoureuse de projets prometteurs

L’appel à projets du CNC a suscité un engouement sans précédent, avec 175 dossiers reçus au moment de la clôture le 31 octobre. Grâce à ces subventions, les promoteurs des projets retenus devraient être en mesure de lever près de 2 milliards d’euros de financements. La majorité de cette manne financière devrait bénéficier aux studios de cinéma.

Depuis la mi-avril, une dizaine de projets ont été présélectionnés par un jury d’experts. Les promoteurs de ces projets ont ensuite dû présenter leur proposition devant un cabinet spécialisé en droit de la concurrence pour optimiser la subvention accordée et respecter la réglementation européenne sur les aides d’État. Le défi est de mettre l’accent sur les aspects technologiques et écologiques pour maximiser les chances d’obtenir une subvention. La dernière étape consiste à obtenir l’approbation de la Première ministre.

Zoom sur quelques projets retenus

Le projet Studio 77, dirigé par Thierry de Segonzac, PDG de TSF, fait partie des projets préqualifiés pour le plan France 2030. Le site, situé à Coulommiers en Seine-et-Marne, devrait accueillir douze studios, le plus grand espace de décors extérieurs d’Île-de-France et 10 000 mètres carrés d’ateliers de construction de décors. Le coût total du projet est estimé à plus de 80 millions d’euros.

Les studios de Bry-sur-Marne dans le Val-de-Marne, qui accueillent actuellement 50 % des tournages en France, ont également été retenus. Le projet est porté par la société d’investissement Axa IM et Artset, la société de conseils de Guillaume de Menthon. Le duo prévoit de consacrer 3 hectares supplémentaires aux activités de tournage et le reste à des logements pour étudiants et intermittents. L’investissement total devrait s’élever à plus de 100 millions d’euros.

Le Sud de la France n’est pas en reste

Après Paris, l’arc méditerranéen est la deuxième région de tournage la plus populaire en France. À Marseille, Netflix a tourné l’année dernière la série Transatlantique et à Martigues, siège de Provence Studios d’Olivier Marchetti, la suite de la série The Serpent Queen est en cours de tournage.

À Montpellier, Antoine Pietrera, à la tête du groupe immobilier SPAG, prévoit un projet cinéma évalué à 180 millions d’euros pour créer des studios, des décors extérieurs (backlots) et des centres de formation et logements sur une vingtaine d’hectares. Ce complexe sera nommé Pics Studios.

Des projets qui restent en suspens

Malgré l’enthousiasme général, certains projets n’ont pas été déclarés éligibles à ce jour. C’est le cas du projet 217 On Air, prévu sur l’ancienne base aérienne 217 près de Brétigny-sur-Orge (Essonne), proposé par Cœur d’Essonne Agglomération, la société Quad Productions et le cabinet SmartConsulting. Il en va de même pour Les Studios de Paris au sein de la Cité du cinéma de Luc Besson, rachetés par l’homme d’affaires Tarak Ben Ammar.

En conclusion, ce plan ambitieux a suscité un engouement sans précédent dans l’industrie cinématographique française. Il reste à voir comment ces projets se développeront et transformeront le paysage cinématographique français dans les années à venir.

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