L’afflux de capitaux dans les ETFs actions malgré les avertissements baissiers

Les investisseurs perdent leur capacité à résister à un rallye boursier que beaucoup estiment voué à l’échec

En avril, plus de 12,6 milliards de dollars ont été versés dans les fonds négociés en bourse (ETFs) investis en actions, soit la plus grande entrée de capitaux depuis janvier et plus du double du rythme de février et mars. Les capitaux affluent dans les actions aussi rapidement qu’ils sont retirés des liquidités : les ETFs de très courte durée sont en passe de connaître leur premier reflux mensuel depuis janvier, selon les données compilées par Bloomberg.

Le scepticisme des analystes et les obstacles potentiels

Les investissements dans les ETFs actions interviennent alors que le scepticisme est assez intense parmi les analystes. Ces derniers ont évoqué récemment des nouvelles peu encourageantes dans le rapport Beige Book de la Réserve fédérale et l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie. Bien que les bénéfices aient été globalement positifs, les résultats de Fastenal Co., Ally Financial Inc. et même Tesla Inc. laissent entrevoir une faiblesse du consommateur américain.

Un optimisme qui repose sur la persistance du pessimisme

Un argument en faveur de l’optimisme réside dans la persistance du pessimisme ambiant, qui atteint des niveaux record depuis 2009. Malgré la détérioration de l’appétit pour le risque, le S&P 500 n’a pas encore revu les niveaux les plus bas de l’année dernière. George Pearkes, stratège macroéconomique chez Bespoke Investment Group, explique que les investisseurs, ne constatant plus de baisse marquée, se risquent à investir de nouveau.

La peur de rater un mouvement à la hausse

Charles Campbell, directeur général et spécialiste des transactions chez Roth MKM, souligne que la peur de manquer une opportunité de hausse pousse les investisseurs à placer leur argent dans les actions. Certains estiment qu’un atterrissage économique en douceur est possible, bien que Campbell n’y adhère pas.

Des indicateurs techniques menacent la poursuite du rallye

Le S&P 500 a atteint un niveau où les tentatives précédentes de sortir de sa tendance latérale ont échoué. Avec un ratio cours/bénéfice supérieur à 18, l’indice n’est pas bon marché, surtout si les bénéfices devaient diminuer en 2023.

Inquiétudes persistantes concernant un resserrement du crédit

Les craintes d’un resserrement du crédit en raison des tensions bancaires de mars sont toujours présentes. Le Beige Book de la Fed a révélé une activité économique peu modifiée et des établissements bancaires ayant resserré leurs critères de prêt. L’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a chuté à -31,3, un niveau qui a précédé les récessions passées.

Prudence face à un environnement de plus en plus incertain pour les actifs à risque

Sameer Samana, stratège senior du marché mondial chez Wells Fargo Investment Institute, conseille de rester prudent et de jouer la défense. Il s’attend à ce que la Fed maintienne sa position de lutte contre l’inflation. Les actions se rapprochent de la limite supérieure de leur fourchette de négociation, ce qui incite à réduire les risques.

Des résultats mitigés et des inquiétudes pour les entreprises

Certains rapports de bénéfices ont suscité des inquiétudes, bien que la plupart des entreprises aient réussi à dépasser les prévisions des analystes. Fastenal a enregistré une croissance ralentie de ses ventes en mars, tandis qu’Ally Financial a vu ses profits chuter en raison de la réduction des prêts automobiles et de provisions supplémentaires pour couvrir les défauts de paiement des consommateurs. Tesla a baissé de 11 % sur la semaine après que le PDG Elon Musk a annoncé son intention de continuer à réduire les prix pour stimuler la demande.

Les investisseurs particuliers et les conseillers financiers semblent de plus en plus optimistes

Un indicateur de sentiment des conseillers financiers suivi par Investors Intelligence, connu sous le nom de ratio bull/bear, a augmenté pour la quatrième semaine consécutive, atteignant son plus haut niveau depuis le début de l’année 2022. Ce mois-là marquait le début du marché baissier actuel. Cet indicateur avait atteint 1,0 en octobre, près de son plus bas niveau depuis la crise financière, juste avant que les actions ne commencent leur rallye actuel.

Une impasse entre optimistes et pessimistes

Ed Yardeni, fondateur de Yardeni Research Inc., estime que le sentiment actuel n’est ni suffisamment optimiste pour être un indicateur contraire pour les baissiers, ni suffisamment pessimiste pour les haussiers. Il prévoit une impasse entre les deux camps jusqu’à ce que les débats sur la récession et le plafond de la dette soient résolus, probablement début juin. Selon lui, le marché haussier actuel reprendra alors.

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