Climat – L’Entropie du Doute : Pourquoi la Physique ne négocie pas avec le Scepticisme

Introduction : Le Théâtre de l’Absurde sur 𝕏

Le décor : Entre records de chaleur et brouillard numérique

Nous y sommes. Janvier 2026. La Terre ne fait plus semblant : après les gifles thermiques successives de 2024 et 2025, le thermomètre mondial ressemble à une montre dont le ressort aurait lâché, s’emballant vers des territoires que la paléoclimatologie n’avait plus visités depuis l’Éémien. Les données sont là, brutes, mesurées par des satellites qui n’ont pas d’opinions politiques, seulement des capteurs.

Pendant ce temps, sur 𝕏 — cette agora devenue un réacteur à fusion de l’ego et de la désinformation — l’air est saturé d’un autre type de gaz à effet de serre : l’obfuscation numérique. Un brouillard épais de données tronquées, de graphiques décontextualisés et de spectres argumentaires déterrés des cimetières de la pensée climatosceptique des années 90.

C’est dans cette atmosphère poisseuse que j’ai croisé la route de Marc, Ph.D., un homme qui semble avoir fait de son titre un bouclier contre la réalité physique. Ce qui s’annonçait comme un échange scientifique s’est vite transformé en une séance d’archéologie du déni. Voir un docteur en sciences brandir des carottes de glace de Vostok comme des talismans pour nier la thermodynamique de base, c’est comme regarder un horloger essayer de réparer un tourbillon avec une fourchette : c’est fascinant de maladresse et tragique de certitude.

Mais au-delà du « clash » de surface, cet échange est le symptôme d’une pathologie plus profonde : l’incapacité à distinguer le bruit du signal, le chaos de la tendance, et la métaphore de la loi physique. Il est temps de dissiper ce brouillard et de revenir à ce qui ne ment jamais : le bilan énergétique.

L’incident : Le Ph.D. comme totem d’immunité

Tout commence par un post de Marc. Un catalogue de seize noms, seize « autorités » scientifiques sorties du formol pour valider un récit de résistance contre la « corruption » du GIEC. Sur le papier, Marc affiche ses titres comme on brandit un talisman. Il est Ph.D. en biologie moléculaire. C’est respectable, certes, mais dans le cadre d’un débat sur la thermodynamique atmosphérique, c’est un peu comme appeler un cardiologue pour réparer la fuite hydraulique d’un Airbus sous prétexte que « les deux traitent de fluides et de pompes ».

L’incident n’est pas qu’une simple joute verbale ; il a révélé une fracture béante, presque tectonique, dans la manière dont la science est perçue et utilisée sur les réseaux. D’un côté, la science des mesures : celle des capteurs de radiance, des satellites EarthCARE et de la physique des transferts d’énergie. De l’autre, l’archéologie de la désinformation : une discipline consistant à déterrer des citations de 2005 et des publications marginales pour tenter d’invalider des lois physiques immuables.

L’argumentaire de Marc repose sur une illusion d’optique intellectuelle. Il utilise son doctorat non pas comme un outil de rigueur, mais comme un totem d’immunité. En se drapant dans cette autorité, il s’autorise à ignorer les données de 2025, à balayer les équations de Schwarzschild d’un revers de main et à se réfugier dans le « chaos » dès que ses certitudes sont bousculées.

Cet échange a montré que pour certains, un diplôme n’est plus une preuve de compétence, mais une licence pour le déni. Ce n’est plus un débat scientifique, c’est une autopsie de l’ego face à l’entropie.

L’enjeu : Le climat est un bilan de flux, pas un forum d’opinions

Au-delà de la joute oratoire, l’enjeu de cette mise au point est crucial. Trop souvent, le débat climatique est présenté comme une confrontation d’opinions, un match de ping-pong idéologique où le « scepticisme » de l’un vaudrait le « consensus » de l’autre. C’est une erreur fondamentale de catégorie.

Le climat n’est pas une affaire de croyance, c’est une question de bilan de flux. La Terre est un système thermodynamique ouvert qui obéit à une règle d’une simplicité brutale : la conservation de l’énergie. Si l’énergie qui entre (le flux solaire) est supérieure à l’énergie qui sort (le rayonnement infrarouge thermique), la température augmente. Point final. Il n’y a pas de place pour la négociation ou le « débat » politique dans la loi de Stefan-Boltzmann.

L’enjeu ici est de comprendre comment l’humanité a modifié l’un des rouages essentiels de cette horlogerie planétaire : l’émissivité de l’atmosphère. En injectant des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, nous n’avons pas seulement « pollué » ; nous avons physiquement altéré la capacité de la Terre à évacuer sa chaleur vers le vide spatial.

Comprendre le climat, c’est donc arrêter de regarder la « mousse » des fluctuations météorologiques pour se concentrer sur la « marée » des flux énergétiques. Dans les chapitres qui suivent, nous allons démonter, pièce par pièce, les rouages de cette machine thermique. Nous allons voir pourquoi le CO_2 n’est pas « saturé », pourquoi le chaos ne nous sauvera pas, et pourquoi les glaces de Vostok racontent une tout autre histoire que celle que Marc essaie de vous vendre.

La vérité possède une densité que les sophismes n’auront jamais. Retournons donc à la source : la physique pure.

1. L’erreur de Marc : Le CO_2 serait « plein » à 300 \text{ ppm}

L’argument de Marc est aussi séduisant qu’il est faux : il affirme qu’au-delà de 300 \text{ ppm} (parties par million), le CO_2 a déjà absorbé tout ce qu’il pouvait absorber dans ses bandes spectrales. Selon lui, l’atmosphère serait « saturée ». C’est l’analogie du rideau : si vous mettez un rideau noir sur une fenêtre, il bloque la lumière. En ajouter un deuxième ne rendra pas la pièce « plus noire ».

Pour un Ph.D. en biologie moléculaire, l’analogie peut sembler logique. Pour un physicien, c’est un naufrage épistémologique.

L’erreur fondamentale de Marc est de traiter l’atmosphère comme une simple paroi binaire, une sorte de bâche plastique posée sur la Terre. Dans son esprit, une fois qu’un photon infrarouge est intercepté par une molécule de CO_2 près du sol, l’affaire est classée. Il imagine que l’effet de serre est un phénomène de surface, un « tout ou rien » qui s’arrête dès que la concentration atteint un certain seuil.

C’est oublier un détail que l’on apprend pourtant dès la licence de physique : l’atmosphère a une épaisseur et une structure.

En affirmant que le CO_2 est saturé, Marc ignore deux piliers de la thermodynamique atmosphérique :

  • La structure stratifiée : L’énergie ne fait pas que « s’arrêter » ; elle est réémise, absorbée à nouveau, et voyage de couche en couche jusqu’à s’échapper vers l’espace.
  • La sélectivité spectrale : Une raie d’absorption n’est pas un bloc rectangulaire parfait. Même si le centre de la raie est saturé, ses bords (les « ailes ») ne le sont jamais.

En gros, Marc vous explique qu’une montre est arrêtée parce qu’il a vu un pignon bloqué au microscope, sans comprendre que le reste du mouvement continue de transmettre l’énergie sous une autre contrainte. Dire que l’effet de serre stagne à 300 \text{ ppm}, c’est nier un siècle de progrès en spectroscopie et ignorer que la « fenêtre » radiative de la Terre est bien plus complexe qu’un simple volet en bois fermé depuis l’an 1900.

2. La réalité scientifique : L’atmosphère n’est pas une vitre, c’est une colonne de gaz stratifiée

Si l’atmosphère était une simple vitre fine, Marc aurait raison. Une fois la vitre peinte en noir, elle ne pourrait pas bloquer « plus » de lumière. Mais la physique de notre planète est plus subtile : l’atmosphère est un milieu semi-transparent, dynamique et stratifié.

Imaginez l’atmosphère comme une pile de couvertures très fines. Si vous êtes sous une couverture, vous avez chaud. Si vous en ajoutez une deuxième, vous avez encore plus chaud. Pourquoi ? Parce que la chaleur ne traverse pas la pile d’un seul coup. Elle est absorbée par la première épaisseur, réémise vers la seconde, puis vers la troisième, et ainsi de suite.

En physique, chaque photon infrarouge émis par la surface de la Terre entame un véritable jeu de « saute-mouton » moléculaire. Lorsqu’une molécule de CO_2 absorbe un photon à 15 \text{ \mu m}, elle ne le détruit pas. Elle s’excite, puis se désexcite en réémettant un photon dans une direction aléatoire : soit vers le bas (ce qui réchauffe le sol), soit vers le haut (vers la couche suivante).

C’est là que la structure de l’atmosphère intervient :

  • La pression P diminue avec l’altitude z : Plus on monte, plus les molécules sont espacées. Le « libre parcours moyen » du photon s’allonge.
  • La température T diminue dans la troposphère : C’est le point critique. Les couches hautes sont beaucoup plus froides que la surface.

Le véritable effet de serre ne se joue pas au sol, mais à l’altitude d’émission effective. C’est l’altitude à laquelle l’atmosphère devient enfin assez fine (l’opacité \tau devient inférieure à 1) pour que les photons puissent s’échapper définitivement vers l’espace sans être interceptés.

En augmentant la concentration de CO_2 de 300 \text{ ppm} à 420 \text{ ppm} (ou plus en 2026), on ne rend pas la « vitre » plus noire ; on rend l’atmosphère globalement plus opaque. Résultat : l’altitude d’émission effective z_e remonte vers des couches encore plus hautes et donc plus froides.

Comme ces couches sont plus froides, elles émettent moins d’énergie vers l’espace (selon la loi de Stefan-Boltzmann j^* = \sigma T^4). La Terre retient donc plus de chaleur qu’elle n’en évacue. Le déséquilibre est là. Pour que la planète retrouve son équilibre, toute la colonne d’air doit chauffer pour que la couche d’émission atteigne enfin la température nécessaire pour évacuer le surplus d’énergie.

Marc, en s’arrêtant aux 300 \text{ ppm} au niveau du sol, a simplement oublié de regarder vers le haut. Il a confondu le paillasson avec tout l’immeuble.

3. Le « Boost » technique : Schwarzschild, Lorentz et le décalage de l’altitude d’émission

Pour comprendre pourquoi l’argument de la saturation est une fable, il faut arrêter de regarder des graphiques simplistes et plonger dans l’équation de transfert radiatif de Schwarzschild. C’est elle qui régit la propagation de l’énergie dans un milieu qui absorbe et émet en même temps :

\frac{dI_{\nu}}{ds} = \kappa_{\nu} \rho (B_{\nu}(T) - I_{\nu})

Dans cette équation, I_{\nu} est l’intensité du rayonnement à une fréquence donnée, \kappa_{\nu} est le coefficient d’absorption, et B_{\nu}(T) est la fonction de Planck (ce que le milieu émet selon sa température).

Ce que Marc ne saisit pas, c’est que même si l’atmosphère est « opaque » au centre de la bande d’absorption du CO_2 (autour de 15 \text{ \mu m}), cette opacité n’est pas une valeur fixe. Elle dépend de la forme de la raie d’absorption.

L’élargissement de Lorentz : les « ailes » du CO_2

Une raie d’absorption n’est pas un pic infiniment fin ; elle s’élargit à cause des collisions entre molécules. C’est ce qu’on appelle l’élargissement collisionnel ou profil de Lorentz.

  • Au centre de la raie, c’est « saturé ».
  • Mais sur les ailes de Lorentz (les bords de la courbe), l’absorption est loin d’être totale.

Quand on passe de 300 \text{ ppm} à 420 \text{ ppm}, on n’ajoute rien au centre (qui est déjà plein), mais on augmente l’opacité dans ces fameuses ailes. C’est comme élargir les piliers d’un pont : le centre ne bouge pas, mais l’emprise totale sur le flux devient plus grande.

Le piège de la hauteur d’émission

L’effet de serre, c’est avant tout un problème de hauteur. La Terre doit évacuer son énergie vers l’espace depuis une altitude où l’atmosphère est assez fine pour laisser passer les photons. C’est l’altitude d’émission effective (z_e).

En ajoutant du CO_2, on augmente l’opacité globale. Conséquence mathématique : z_e monte. Or, dans la troposphère, plus on monte, plus il fait froid. En vertu de la loi de Stefan-Boltzmann :

P = \sigma \epsilon T^4

Si la couche qui émet vers l’espace est plus froide, elle émet moins d’énergie. La Terre se retrouve alors avec un surplus d’énergie qu’elle n’arrive plus à évacuer. Pour rétablir l’équilibre, toute la colonne atmosphérique doit chauffer jusqu’à ce que la nouvelle couche d’émission (plus haute et plus froide au départ) atteigne une température suffisante pour évacuer à nouveau le flux entrant.

Prétendre que l’effet de serre sature à 300 \text{ ppm}, c’est comme dire qu’un barrage ne peut pas faire monter le niveau de l’eau plus haut sous prétexte que les vannes du fond sont déjà fermées. C’est une erreur de physique fondamentale qui ignore la stratification thermique et la spectroscopie de Lorentz. Marc a confondu la capacité d’un seau avec le débit d’un fleuve.

On entre dans le domaine de la philosophie des sciences et des systèmes complexes. C’est ici que Marc tente de noyer le poisson dans un verre d’eau… ou plutôt dans une tornade. On va expliquer pourquoi son usage de la « théorie du chaos » est une bouée de sauvetage percée.

Chapitre 2 : Le Sophisme du Chaos (Météo vs Climat)

1. L’erreur de Marc : « C’est chaotique, donc imprévisible »

Pour sa défense, Marc sort l’artillerie lourde : la théorie du chaos. Il cite même le GIEC (en espérant que personne ne vérifie la page 2221) pour affirmer que le système climatique est un ensemble d’équations différentielles couplées, non linéaires et chaotiques. Sa conclusion ? Puisque c’est chaotique, c’est intrinsèquement imprévisible, et donc toute projection à 50 ou 100 \text{ ans} serait une « fraude ».

C’est l’argument du « Joker ». En invoquant l’effet papillon (la sensibilité aux conditions initiales), Marc espère paralyser toute réflexion. Si on ne peut pas prédire avec certitude s’il pleuvra à Thoiry le 14 \text{ juillet 2028}, comment pourrait-on prédire la température globale en 2100 ?

L’erreur de Marc est une confusion épistémologique majeure que l’on appelle le sophisme du chaos. Il confond deux types de problèmes radicalement différents en physique :

  1. Le problème de Cauchy (Conditions initiales) : C’est la météo. Si je me trompe d’un millième de degré sur la température actuelle à un point A, mon modèle divergera totalement après 10 \text{ jours}. C’est l’imprévisibilité de la trajectoire d’une particule dans l’attracteur.
  2. Le problème des conditions aux limites (Bilan énergétique) : C’est le climat. On ne cherche pas à savoir sera la particule à l’instant t, mais quelle est la forme et la position de l’attracteur lui-même.

En gros, Marc regarde la mousse sur la vague et décrète qu’on ne peut pas prédire la marée. Il oublie que si le comportement individuel des molécules d’air est chaotique, la réponse statistique du système à un forçage extérieur (le soleil, les gaz à effet de serre) est, elle, dictée par les lois de la thermodynamique.

Invoquer le chaos pour nier le réchauffement, c’est comme dire qu’on ne peut pas savoir si une casserole d’eau va bouillir parce qu’on est incapable de prédire la trajectoire exacte de chaque bulle de vapeur. Marc utilise la complexité du système comme un voile de fumée pour cacher une vérité pourtant simple : si vous changez les paramètres d’entrée d’un système, vous changez statistiquement ses états de sortie. Le chaos n’est pas une absence de lois, c’est une complexité de trajectoires au sein de lois immuables.

2. La réalité scientifique : Distinction entre conditions initiales (Lorenz) et conditions aux limites (Stefan-Boltzmann)

Pour comprendre pourquoi Marc fait fausse route, il faut revenir aux fondamentaux de la physique des systèmes complexes. En mathématiques, la météo et le climat ne répondent pas aux mêmes contraintes.

La Météo : Le règne de Lorenz et des conditions initiales

La météo est ce qu’on appelle un problème de Cauchy. Elle dépend de l’état du système à l’instant t = 0. Comme l’a montré Edward Lorenz en 1963, dans un système non linéaire, une incertitude infime sur la position ou la température d’une masse d’air aujourd’hui se transforme en une erreur massive dans deux semaines. C’est l’effet papillon. Ici, Marc a raison : on ne peut pas prévoir la météo à long terme car le « bruit » chaotique finit par dominer le signal.

Le Climat : La dictature de Stefan-Boltzmann et des conditions aux limites

Le climat, en revanche, n’est pas une météo prolongée sur 100 \text{ ans}. C’est une étude statistique de l’enveloppe de l’attracteur. Le climat est un problème de conditions aux limites (ou problème de forçage). Ce qui importe ici, ce n’est pas de savoir si une tempête frappera la Bretagne en novembre 2042, mais de calculer la quantité totale d’énergie piégée dans le système.

Cette énergie est régie par la loi de Stefan-Boltzmann :

j^* = \sigma \epsilon T^4

j^* est le flux d’énergie, \sigma la constante de Stefan-Boltzmann, \epsilon l’émissivité de l’atmosphère et T la température.

En modifiant \epsilon (en ajoutant du CO_2), on change les « conditions aux limites » du système. Imaginez une casserole d’eau sur un réchaud :

  • Le mouvement de chaque bulle est chaotique et imprévisible (Météo).
  • Mais si vous augmentez la puissance du gaz, vous pouvez prédire avec une certitude mathématique que la température moyenne de l’eau va monter et qu’elle finira par bouillir (Climat).

La dérive du centroïde

En mécanique statistique, on ne regarde pas la trajectoire d’une particule, on regarde l’évolution de la Distribution de Probabilité (PDF). Le changement climatique, c’est le déplacement du centroïde (la moyenne) de cet attracteur étrange suite à une perturbation du forçage radiatif.

Même si le climat est intrinsèquement chaotique, sa réponse à un surplus d’énergie est déterministe. Prétendre le contraire, c’est comme dire qu’on ne peut pas savoir si une pièce de monnaie est truquée (bilan statistique) sous prétexte qu’on ne peut pas prédire le résultat exact de chaque lancer individuel (chaos local). Marc est resté bloqué sur le lancer de pièce, alors que la Terre est en train de changer de casino.

3. L’analogie ultime : La casserole d’eau bouillante ou la voiture dans le fossé

Pour aider Marc à sortir de son labyrinthe mental, utilisons deux analogies qui illustrent parfaitement pourquoi le « chaos » n’est pas une excuse à l’ignorance.

L’analogie de la casserole d’eau

Imaginez une casserole remplie d’eau posée sur une plaque à induction.

  • La météo : C’est la trajectoire précise de chaque petite bulle de vapeur qui remonte à la surface. Le mouvement est turbulent, non linéaire, et si vous essayez de prédire exactement où la prochaine bulle va percer la surface dans 3 \text{ minutes}, vous échouerez. C’est le chaos de Lorenz.
  • Le climat : C’est la température globale de l’eau. Si vous augmentez la puissance P de la plaque, vous savez avec une certitude absolue que l’enthalpie H du système va augmenter. Vous pouvez prédire que l’eau va bouillir à 100 \text{ °C} (au niveau de la mer) dans un intervalle de temps donné.

Marc nous dit : « Puisqu’on ne peut pas prédire la position de la bulle n^\circ 42, on ne peut pas savoir si l’eau va bouillir ». C’est absurde. En thermodynamique, on prédit l’état macroscopique, pas l’agitation microscopique.

L’analogie de la voiture dans le fossé

Prenons une voiture lancée sur une route de campagne.

  • Le conducteur (l’humanité) lâche le volant et appuie sur l’accélérateur (injection de CO_2).
  • Les roues sont mal alignées et la voiture dérive lentement vers le fossé.

Marc arrive et nous explique : « Attention, on ne peut pas savoir si la voiture va finir dans le fossé ! Regardez la trajectoire chaotique de chaque moustique qui s’écrase sur le pare-brise ! Regardez les fluctuations de pression dans les pneus dues aux nids-de-poule ! C’est Navier-Stokes, c’est imprévisible ! »

Pendant que Marc analyse la dynamique des moustiques, la voiture, elle, continue de suivre sa trajectoire dictée par la physique des forces et l’inertie. En climatologie, on ne se soucie pas du « moustique » météorologique ; on calcule le tenseur de forçage qui pousse la voiture hors de la route.

Conclusion du chapitre : On prédit l’énergie, pas le bruit

En thermodynamique des systèmes hors-équilibre, nous calculons une accumulation d’enthalpie. Le réchauffement climatique n’est pas une « prévision météo à 100 \text{ ans}« , c’est le calcul d’une modification de la densité de probabilité (PDF) des états du système.

Dire qu’on ne sait rien parce que le système est chaotique, c’est comme dire qu’on ne peut pas prévoir qu’une maison va chauffer quand on allume le radiateur sous prétexte qu’on ne connaît pas la vitesse de chaque molécule d’air. Marc, il est temps de lâcher le thermomètre à moustiques et de regarder le compteur d’énergie.

Chapitre 3 : Vostok et les Pacemakers Orbitaux

1. L’erreur de Marc : Le déphasage CO_2/Température prouverait que le CO_2 ne sert à rien

Marc s’excite sur un point précis des données de Vostok : le déphasage (ou « lag »). Il a remarqué que dans les cycles glaciaires-interglaciaires passés, la température semble monter environ 800 \text{ ans} (selon les anciennes estimations, plutôt 0 à 400 \text{ ans} avec les recalibrages récents de 2025) avant la concentration de CO_2.

Sa conclusion est d’un simplisme désarmant : « Si le CO_2 monte après la température, il ne peut pas être la cause du réchauffement. »

Pour un biologiste moléculaire, c’est une erreur de logique causale élémentaire. Marc traite le système climatique comme une ligne droite où A doit toujours précéder B. Il oublie qu’en physique des systèmes complexes, on appelle cela une rétroaction positive (ou feedback loop).

L’erreur de Marc repose sur deux méconnaissances majeures :

  1. L’absence de distinction entre déclencheur et amplificateur : Dans le passé (les cycles naturels), le déclencheur n’était pas chimique, il était astronomique. Mais sans l’amplification du CO_2, le réchauffement initial n’aurait été qu’une légère fluctuation, incapable de nous sortir d’une ère glaciaire.
  2. L’oubli du changement de forçage : Marc utilise un mécanisme où la température pilote le gaz (dégazage des océans) pour nier un mécanisme où le gaz pilote la température (injection humaine). C’est comme dire qu’une allumette ne peut pas déclencher un incendie sous prétexte que, dans les feux de forêt naturels, la chaleur du soleil arrive souvent avant la combustion.

En brandissant le déphasage de Vostok pour invalider l’effet de serre moderne, Marc fait un hors-sujet monumental. Il compare un cycle de 100,000 \text{ ans} régi par la mécanique céleste avec une perturbation brutale de 150 \text{ ans} provoquée par une injection massive de carbone. C’est une faute de niveau licence en géophysique : il confond la réponse d’un système à une caresse orbitale lente avec sa réponse à un coup de poing chimique.

2. La réalité scientifique : Le CO_2 comme amplificateur (rétroaction) dans le passé vs déclencheur (forçage) aujourd’hui

Pour sortir de la confusion de Marc, il faut introduire une distinction fondamentale en physique des systèmes : la différence entre un forçage (le déclencheur externe) et une rétroaction (le mécanisme interne qui amplifie ou réduit l’effet initial).

Le passé : La boucle de rétroaction océanique

Dans les cycles naturels de Vostok, le déclencheur initial est toujours orbital. Ce sont les variations des paramètres de \text{Milankovitch} (excentricité, obliquité, précession) qui modifient légèrement la répartition de l’énergie solaire sur Terre.

  1. L’impulsion initiale : Un changement d’orbite réchauffe légèrement les océans.
  2. Le dégazage : Selon la loi de Henry, la solubilité du CO_2 dans l’eau diminue lorsque la température augmente. Les océans libèrent donc du gaz dans l’atmosphère.
  3. L’amplification : Ce surplus de CO_2 augmente l’effet de serre, ce qui réchauffe encore plus la planète.

Le « lag » de 800 \text{ ans} que Marc brandit comme un trophée n’est rien d’autre que le temps d’inertie thermique des océans. Le CO_2 n’est pas le responsable du début du réchauffement, mais il est responsable de 90\ % de l’ampleur du réchauffement final. Sans lui, nous serions toujours dans une ère glaciaire.

Aujourd’hui : Le forçage anthropique brutal

Aujourd’hui, le mécanisme est radicalement différent. Ce n’est pas une variation orbitale qui réchauffe l’océan pour faire monter le CO_2. C’est l’humanité qui injecte directement du CO_2 dans l’atmosphère en brûlant du carbone fossile.

  • Le forçage est chimique : Nous avons augmenté la concentration de CO_2 de 280 \text{ ppm} à plus de 420 \text{ ppm} en à peine 150 \text{ ans}.
  • Vitesse d’exécution : Dans les cycles naturels, une telle variation prendrait entre 5,000 et 10,000 \text{ ans}. Nous l’avons fait 50 fois plus vite.

L’analogie du thermostat

Imaginez une maison avec un thermostat réglé pour s’allumer quand il fait froid.

  • Dans le passé : Quelqu’un ouvre les volets, le soleil réchauffe la pièce, le thermostat détecte la chaleur et change de mode. (Rétroaction).
  • Aujourd’hui : Vous jetez un bidon d’essence dans la cheminée et vous craquez une allumette. (Forçage direct).

Marc essaie de prouver que l’allumette ne peut pas brûler la maison parce que, d’habitude, c’est le soleil qui chauffe les pièces. C’est une erreur de diagnostic totale qui ignore la source du flux. En 2026, la source, c’est nous.

3. La preuve par les modèles : Quand CLIMBER-2 remonte le temps

Marc martèle avec la subtilité d’un marteau-piqueur qu’aucun modèle ne reproduit les patterns de Vostok. C’est faux. Ce qu’il ignore, c’est qu’on n’utilise pas un modèle météo (trop gourmand en calcul) pour simuler 400,000 \text{ ans}. On utilise des EMICs (Earth System Models of Intermediate Complexity).

Les EMICs : Le scalpel du paléoclimatologue

Contrairement aux gros modèles de circulation générale (\text{GCM}), les EMICs comme CLIMBER-2 ou LOVECLIM simplifient la dynamique de l’atmosphère pour se concentrer sur les interactions de long terme entre l’océan, les calottes glaciaires et le cycle du carbone.

Le résultat ? Des modèles comme ceux d’Andrey Ganopolski reproduisent les cycles glaciaires avec une fidélité déconcertante. Ils montrent que le climat n’est pas un chaos erratique, mais une réponse déterministe à des forçages précis.

Les Pacemakers de Milankovitch : L’horlogerie céleste

Ces modèles intègrent les paramètres de Milankovitch, ces cycles astronomiques qui modifient l’insolation reçue par la Terre :

  • L’excentricité (e) : La forme de l’orbite terrestre (cycle de 100,000 \text{ ans}). C’est elle qui dicte le rythme majeur des grandes glaciations.
  • L’obliquité (\varepsilon) : L’inclinaison de l’axe de la Terre (cycle de 41,000 \text{ ans}). Elle influence l’intensité des saisons.
  • La précession (\omega) : Le « pivotement » de l’axe (cycle d’environ 23,000 \text{ ans}).

Pourquoi le modèle « colle » à la réalité

En couplant ces paramètres orbitaux avec le dégazage du CO_2 océanique et l’effet d’albédo des glaces, les physiciens obtiennent une courbe qui calque quasiment les carottes de Vostok.

Ce que Marc appelle « chaos » n’est souvent que la variabilité interne du système (le bruit), mais la tendance lourde, elle, est parfaitement modélisée. Prétendre que ces modèles n’existent pas, c’est comme si un horloger niait l’existence des lois de la gravité sous prétexte qu’il ne comprend pas pourquoi une poussière ralentit un balancier.

Vostok n’est pas un mystère insoluble ; c’est le livre ouvert d’une planète qui répond à ses forçages. Marc a juste oublié d’apprendre l’alphabet de la modélisation avant de vouloir critiquer la bibliothèque.

Chapitre 4 : La Signature du Crime (Soleil, Stratosphère et Radiance)

1. L’erreur de Marc : « C’est le Soleil ou les nuages »

Quand Marc se sent acculé par la thermodynamique du CO_2, il sort son joker favori : le Soleil. Son argument est aussi vieux que l’astronomie : « Le Soleil est la source de toute énergie, s’il y a un réchauffement, c’est forcément lui (ou les nuages qui cachent sa lumière) ». C’est une diversion classique, une tentative de noyer le signal anthropique dans la variabilité naturelle.

L’erreur de Marc repose sur une négation pure et simple des observations satellitaires modernes :

  • Le découplage solaire : Depuis les années 1970, l’activité solaire (mesurée par l’Irradiance Solaire Totale ou \text{TSI}) est sur une tendance légèrement descendante. Pendant ce temps, la température globale explose, battant record sur record en 2024 et 2025. Si le Soleil était le moteur, nous devrions observer un refroidissement, ou au moins une stagnation. Or, on observe l’exact opposé.
  • Le bouclier de fumée des nuages : Marc invoque souvent les travaux de \text{Koutsoyiannis} pour prétendre que les changements de couverture nuageuse expliquent tout. C’est inverser la cause et la conséquence. Les nuages sont une rétroaction (un feedback) : le réchauffement initial modifie le cycle de l’eau, ce qui change les nuages, ce qui peut amplifier ou réduire le phénomène. Mais pour déclencher la hausse thermique actuelle sans forçage externe, il faudrait une variation spontanée et coordonnée de l’albédo planétaire qui n’est observée nulle part.

En gros, Marc regarde le projecteur au plafond pour expliquer pourquoi il fait chaud dans la pièce, alors que le projecteur baisse d’intensité et que quelqu’un vient de calfeutrer toutes les fenêtres avec du double vitrage teinté. Pointer le Soleil en 2026 pour expliquer le réchauffement, c’est comme accuser le vent d’avoir renversé un vase alors que vous venez de le percuter avec un Fenwick. Le suspect « Soleil » a un alibi satellitaire : il dormait pendant que la température s’envolait.

2. La réalité scientifique : Le refroidissement de la stratosphère (la signature thermique du CO_2)

Pour confondre Marc, il suffit de regarder comment la température évolue selon l’altitude. Si le réchauffement était causé par une augmentation de l’activité solaire, nous observerions un réchauffement uniforme de toutes les couches de l’atmosphère. Or, ce n’est pas ce que disent les ballons-sondes et les satellites.

Le découplage vertical

Les mesures montrent un phénomène fascinant et contre-intuitif pour les profanes : alors que la troposphère (la couche basse où nous vivons) se réchauffe, la stratosphère (la couche située au-dessus de 10 à 15 \text{ km} d’altitude) se refroidit de manière spectaculaire.

Pourquoi est-ce la preuve irréfutable de l’effet de serre ?

  1. Le piège à chaleur : En augmentant la concentration de CO_2 dans la troposphère, nous piégeons davantage de rayonnement infrarouge près du sol. Par conséquent, il y a moins d’énergie thermique qui parvient à traverser la tropopause pour atteindre la stratosphère.
  2. L’émission radiative stratosphérique : Dans la stratosphère, l’air est très ténu. Ici, le CO_2 ne sert pas à piéger la chaleur (car il n’y a presque plus rien à piéger venant du bas), il sert surtout d’émetteur. Les molécules de CO_2 stratosphériques rayonnent l’énergie vers l’espace de manière très efficace. Plus il y a de CO_2 là-haut, plus la stratosphère évacue sa propre chaleur vers le vide, et plus elle se refroidit.

La signature unique du CO_2

Ce contraste thermique (bas qui chauffe / haut qui refroidit) est la signature unique des gaz à effet de serre. Si le responsable était le Soleil, la stratosphère chaufferait aussi. Si le responsable était une variation naturelle de l’albédo (nuages), nous ne verrions pas ce refroidissement structurel de la haute atmosphère.

Marc, avec son Ph.D. en biologie moléculaire, a peut-être l’habitude de regarder des cellules au microscope, mais il a oublié de regarder le profil vertical de l’atmosphère. Ce refroidissement stratosphérique, mesuré depuis des décennies et confirmé par les données de 2025, est le verdict final de la physique : la chaleur est piégée en bas par un écran chimique, pas apportée en surplus par un astre lointain. C’est l’exécution technique de la thèse solaire de Marc.

3. La mesure directe : Quand la radiance ne laisse plus de place au doute

L’argument ultime des sceptiques comme Marc consiste souvent à dire : « Les modèles ne sont pas la réalité ». C’est une pirouette commode pour ignorer les projections. Mais que fait Marc quand la réalité est mesurée directement par des spectromètres au sol et dans l’espace ?

Pendant que Marc fouille dans les archives de 1990, les physiciens utilisent des instruments capables de disséquer le rayonnement infrarouge fréquence par fréquence.

L’étude Feldman (2015) : L’effet de serre pris la main dans le sac

En 2015, une étude majeure publiée dans Nature par \text{D. R. Feldman} et son équipe a mis fin au débat pour quiconque possède une once de rigueur scientifique. Ils ont utilisé des instruments de précision (spectromètres \text{AERI}) sur deux sites différents pendant 10 \text{ ans} pour mesurer la Radiance Longue Onde Descendante (\text{DLR}).

Ce qu’ils ont trouvé est sans appel :

  • Ils ont observé une augmentation directe du forçage radiatif au sol de 0,2 \text{ W/m}^2 par décennie.
  • Mieux encore : ils ont pu isoler la « signature spectrale » du CO_2. Ils ont vu, année après année, les bandes d’absorption du carbone s’épaissir et renvoyer de plus en plus d’énergie vers la surface.

Ce n’est pas une simulation. C’est une mesure directe du surplus d’énergie que le CO_2 renvoie sur nos têtes. Nier cela, c’est comme nier que le soleil chauffe alors qu’on a un pyromètre dans la main.

2025-2026 : La précision spatiale

Aujourd’hui, avec les données de 2025 issues de missions comme \text{EarthCARE} (ESA/JAXA) ou les capteurs de nouvelle génération sur les satellites \text{CERES}, nous avons une cartographie en temps réel du déséquilibre énergétique de la Terre (\text{EEI} pour Earth Energy Imbalance).

Nous mesurons physiquement que la Terre retient environ 1,5 \text{ W/m}^2 de plus qu’elle n’en émettait il y a quelques décennies. Pour donner un ordre d’idée à Marc, c’est l’équivalent de l’énergie de plusieurs milliards de bombes d’Hiroshima (\approx 6 \times 10^{13} \text{ Joules} par unité) accumulée dans le système climatique chaque année.

Verdict technique

Marc peut bien citer des articles marginaux ou invoquer le chaos, il ne peut pas effacer les photons mesurés par les capteurs. La radiance spectrale ne ment pas. Elle montre que le CO_2 fait exactement ce que la physique de \text{Schwarzschild} prédit.

Le « débat » n’est plus scientifique depuis longtemps ; il est devenu un exercice de déni face à une avalanche de données empiriques. Marc n’est pas un sceptique, c’est un homme qui regarde un incendie et qui affirme que le feu est une illusion d’optique parce qu’il ne comprend pas la chimie de la combustion.

On arrive au dénouement, Franky. C’est le moment de prendre de la hauteur et d’expliquer pourquoi ce naufrage intellectuel est possible, même chez quelqu’un qui porte un titre de docteur. On va parler de l’arrogance de l’ultra-spécialiste et du piège cognitif qui consiste à confondre un diplôme avec une immunité contre l’erreur.

Conclusion : La Gravité finit toujours par gagner

1. Épistémologie : Pourquoi le titre de Ph.D. ne protège pas du biais de confirmation

L’échange avec Marc est un cas d’école pour quiconque s’intéresse à la manière dont la connaissance se structure — ou se déconstruit. Marc arbore son Ph.D. en biologie moléculaire comme un bouclier médiéval. Dans son esprit, ce titre lui confère une autorité universelle qui l’autorise à ignorer les lois de la thermodynamique atmosphérique. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’expert égaré.

Le titre de Ph.D. n’est pas un vaccin contre l’irrationalité ; c’est une preuve de persévérance dans un domaine ultra-spécifique. Mais lorsqu’on sort de ce domaine pour s’attaquer à des systèmes complexes comme le transfert radiatif ou la mécanique des fluides, le diplôme peut devenir un obstacle : il nourrit un biais de confirmation massif. Marc ne cherche plus à comprendre la réalité ; il cherche des fragments de données pour valider une posture idéologique préexistante.

C’est ici qu’intervient l’effet Dunning-Kruger. Marc est coincé sur la « Montagne de la Stupidité » : il en sait assez pour utiliser des mots compliqués comme « chaos », « non-linéaire » ou « saturation », mais pas assez pour comprendre les équations différentielles qui les régissent. Son cerveau filtre les 99,9\ % de la littérature scientifique pour ne retenir que les 0,1\ % de publications marginales ou obsolètes qui caressent ses certitudes dans le sens du poil.

En épistémologie, la science n’est pas une question de statut, c’est une question de méthode. La méthode scientifique exige de confronter son hypothèse aux mesures, pas de nier les mesures pour sauver son hypothèse. En 2026, brandir un doctorat pour nier que le CO_2 réchauffe la planète, c’est comme si un docteur en littérature niait l’existence de la gravité sous prétexte qu’il n’aime pas la chute de certains romans. La physique se fiche des titres ; elle ne répond qu’aux bilans de flux.

2. Le mot de la fin : La science avance par les preuves, pas par les « nada »

Au terme de cette autopsie, le constat est sans appel. Marc a tenté de nous vendre un monde où le CO_2 sature par magie, où le chaos sert de cape d’invisibilité à l’ignorance, et où les cycles de Vostok seraient des mystères insondables. À chacun de ses « nada », nous avons opposé une mesure ; à chacun de ses sophismes, nous avons opposé une équation de transfert radiatif.

La science n’est pas une cour de récréation où l’on choisit sa réalité selon son humeur ou son agenda politique. C’est un exercice de soumission aux faits. En 2026, nier l’influence anthropique sur le climat alors que nous mesurons un déséquilibre énergétique de 1,5 \text{ W/m}^2 et une accélération de l’élévation du niveau marin à 4,8 \text{ mm/an}, ce n’est plus du scepticisme, c’est de l’obscurantisme en smoking.

En tant que curiosepticosapioiste, ma démarche est simple : je ne crois rien, je vérifie tout. Et ce que la vérification nous dit, c’est que le mécanisme est cassé. Vouloir nier l’effet de serre aujourd’hui, c’est comme essayer de régler une montre à tourbillon avec un marteau-piqueur : ça ne fait qu’exposer l’incompétence de l’horloger face à la complexité du mouvement.

Marc, la roue tourne, en effet, mais elle ne tourne pas vers votre « escroquerie climatique ». Elle tourne vers une réalité physique de plus en plus brutale, qui se moque éperdument de vos citations de 2005. Je retourne à mes lectures de physique, là où les atomes, même dans leur danse la plus chaotique, finissent toujours par obéir à des lois que votre « nada » ne pourra jamais abroger.

FRANKY RÉSUMÉ « Tu penses que ton opinion vaut celle d’un consensus de 99,9\ % parce que tu as trouvé trois fossiles argumentaires sur 𝕏 ? La biologie et la thermodynamique ne sont pas des démocraties. Le CO_2 ne sature pas, le chaos n’est pas un voile de mystère pour cacher ton ignorance, et Vostok n’est pas ton jouet. Le refuser en 2026, ce n’est pas de la « résistance », c’est une négligence criminelle vendue sous un titre de docteur. »


Sources

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