Les Peuples Autochtones du Brésil Gagnent une Victoire Historique pour leurs Terres

La Cour Suprême du Brésil Affirme les Droits des Peuples Indigènes

La Cour suprême du Brésil a rendu une décision historique en rejetant la thèse du «cadre temporel», une position défendue par le puissant lobby de l’agro-négoce qui aurait mis en danger les droits fonciers des peuples indigènes du pays. Cette victoire en faveur des peuples autochtones, dont beaucoup vivent en Amazonie, est le résultat d’un long procès qui a débuté en 2021. La décision de la Cour suprême renforce les droits des peuples indigènes sur leurs terres et a des implications majeures pour la préservation de l’environnement.

Un Rempart Contre la Déforestation

Les réserves attribuées aux peuples indigènes sont d’une importance capitale dans la lutte contre la déforestation en Amazonie. La forêt amazonienne, souvent surnommée “le poumon de la planète”, joue un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Les scientifiques considèrent ces territoires comme des remparts naturels qui contribuent à préserver la forêt amazonienne et à lutter contre le réchauffement climatique. Cette décision de la Cour suprême est donc une étape cruciale dans la protection de l’environnement au Brésil.

Un Signal Fort Contre la Criminalisation

Kleber Karipuna, directeur exécutif de l’Association des peuples indigènes du Brésil (Apib), a qualifié cette décision de «réponse très importante aux menaces et à la criminalisation que nous avons vécues ces quatre dernières années». Il faisait référence à l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, dont le mandat a été marqué par une augmentation alarmante de la déforestation et des attaques contre les droits des peuples indigènes. Cette décision est également un appel au gouvernement actuel, dirigé par le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, pour qu’il poursuive la démarcation des terres indigènes.

La Thèse du «Cadre Temporel» Rejetée

La thèse du «cadre temporel», défendue par le lobby de l’agro-négoce au nom de la «sécurité juridique» des exploitants, proposait de ne reconnaître comme terres revenant de droit aux autochtones que celles qu’ils occupaient ou revendiquaient officiellement au moment de la promulgation de la Constitution en 1988. Cette position aurait eu des conséquences graves pour de nombreuses réserves indigènes, car les autochtones expliquent que certains territoires n’étaient plus occupés par eux à cette époque, ayant été expulsés, notamment sous la dernière dictature militaire (1964-1985). Heureusement, la majorité des juges de la Cour suprême a rejeté cette thèse, préservant ainsi les droits des peuples indigènes.

Un Impact sur des Centaines de Réserves

Selon l’ONG Institut socio-environnemental (ISA), près d’un tiers des plus de 700 réserves indigènes déjà délimitées au Brésil, dont la majorité se trouve en Amazonie, auraient pu être affectées par la thèse du «cadre temporel». Cette décision de la Cour suprême protège donc de nombreuses communautés indigènes et leurs terres.

Le Combat Continue pour les Terres Non-Homologuées

Bien que cette décision soit une avancée majeure, il reste encore du travail à faire. Sur les plus de 700 réserves déjà délimitées au Brésil, près d’un tiers d’entre elles n’ont pas encore été officiellement homologuées. Il est essentiel de poursuivre les efforts pour protéger ces terres et garantir les droits des peuples indigènes.

La Question des Indemnisations

Le procès à la Cour suprême a également abordé la question des indemnisations pour les propriétaires de terres qui pourraient être transformées en réserves à l’avenir. Cette solution alternative au «cadre temporel» est proposée par le juge Alexandre de Moraes, mais elle est rejetée par les peuples indigènes. Ils craignent que la mise en place d’une jurisprudence sur les indemnisations ne freine l’homologation de nouvelles réserves, car cela représenterait un coût élevé pour l’État.

Conclusion

La décision de la Cour suprême du Brésil en faveur des peuples indigènes est une victoire historique pour la préservation de l’environnement et les droits des communautés autochtones. Elle envoie un signal fort contre la déforestation et la criminalisation des peuples indigènes. Cependant, il reste encore des défis à relever pour protéger les terres non-homologuées et résoudre la question des indemnisations. Le Brésil doit continuer à soutenir les droits des peuples indigènes et à préserver son patrimoine naturel précieux.

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