L’Affaire Idriss Aberkane : Plagiat Avéré et Sanction en Suspens

Idriss Aberkane, personnage aux multiples facettes et autoproclamé “Hyperdoctor”, a captivé l’attention par ses nombreuses prouesses académiques et ses prétentions intellectuelles. Prétendant avoir obtenu trois doctorats à l’âge de 29 ans, Aberkane s’est présenté comme un expert en mathématiques, neurosciences, biologie, géopolitique, développement personnel et bien plus encore. Cependant, son parcours académique a été émaillé d’accusations de plagiat au sujet de sa thèse de doctorat obtenue à l’université Paris-Saclay. Dans cet article, nous examinerons en détail les circonstances entourant cette controverse et les conclusions du comité d’éthique de l’Ecole polytechnique chargé de l’enquête.

Les antécédents académiques d’Idriss Aberkane

Aberkane a suscité l’admiration en se présentant comme un prodige académique, arborant fièrement ses titres de “Ph. D, Ph. D & Ph. D”. Cependant, un examen minutieux révèle que ses diplômes sont issus de diverses sources, certaines d’entre elles ne bénéficiant pas de la reconnaissance de l’Etat français. Son premier doctorat en diplomatie et “noopolitique”, délivré en 2013 par le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris, ne détient pas la validation officielle de l’Etat. En revanche, sa thèse en littérature comparée à l’université de Strasbourg en 2014 est légitime. C’est sa thèse en science de gestion et épistémologie appliquée, obtenue à l’université Paris-Saclay et préparée à l’Ecole polytechnique, qui est au cœur de la polémique.

La thèse incriminée : un plagiat avéré

Cette thèse en question a été obtenue en 2016, mais le plagiat au sein de celle-ci est devenu apparent lorsque les lignes de code ont finalement été rendues publiques en 2021. Le chapitre XIII, long de 47 pages, contenait des passages quasi identiques à la documentation d’un logiciel librement accessible sur Internet depuis 2015. Cette révélation a poussé l’université Paris-Saclay et l’Ecole polytechnique à enclencher une enquête, confiée au comité d’éthique de Polytechnique.

L’enquête et les accusations de plagiat

La charge de l’enquête a été confiée à Benoît Deveaud, directeur de la recherche et président du comité d’éthique de Polytechnique. Après plus de deux années de délibérations, l’équipe a conclu de manière unanime que le plagiat était manifeste et a recommandé l’annulation de la thèse d’Aberkane. Malgré les preuves accablantes, Idriss Aberkane a continué de nier tout acte répréhensible et a accusé Benoît Deveaud de mensonges. Cette phase de l’enquête a mis en évidence le refus d’Aberkane de coopérer.

Le verdict de l’enquête

Le verdict a été sans équivoque : Idriss Aberkane a plagié la quasi-totalité du chapitre XIII de sa thèse. Le comité d’éthique de Polytechnique a également noté qu’Aberkane n’avait pas manifesté d’intention de coopérer ou de reconnaître sa faute. La recommandation était donc claire : l’annulation de la thèse. Cependant, la mise en application de cette sanction a rencontré des obstacles institutionnels complexes.

Le dilemme institutionnel : application de la sanction

Un dilemme institutionnel s’est présenté lorsque la question de l’application de la sanction s’est posée. Le moment de la soutenance de thèse d’Aberkane coïncidait avec la fusion entre l’école doctorale de l’Ecole polytechnique et celle de l’université Paris-Saclay. Cette situation a compliqué la détermination de l’organe compétent pour appliquer la sanction. L’Ecole polytechnique a été dans l’incapacité légale de prendre une décision, ce qui a conduit à un renvoi de l’affaire à l’université Paris-Saclay.

Les motivations derrière le non-aboutissement de la sanction

Les obstacles juridiques et la crainte des retombées médiatiques ont contribué à la stagnation de l’affaire. Les équipes juridiques des universités impliquées ont été confrontées à la complexité de l’affaire et à la perspective d’un procès potentiellement difficile. Les échanges agressifs et les attaques d’Idriss Aberkane ont également joué un rôle dans le déroulement de l’enquête et dans la décision de ne pas appliquer immédiatement la sanction.

L’attitude d’Idriss Aberkane face à la situation

L’attitude d’Aberkane dans cette affaire a été marquée par des réponses agressives et insultantes envers le comité d’éthique et les institutions impliquées. Ses tentatives d’intimidation et de dénigrement ont alimenté les tensions et ont probablement contribué à la réticence institutionnelle à poursuivre la procédure. Sa stratégie consistant à discréditer la procédure d’enquête a visiblement porté ses fruits.

Conclusion : Une affaire complexe et non résolue

L’affaire de la thèse d’Idriss Aberkane à l’Ecole polytechnique illustre la complexité des enquêtes de plagiat au sein du monde académique. Malgré des preuves accablantes et une recommandation unanime de sanction, des obstacles institutionnels, juridiques et comportementaux ont entravé la mise en œuvre de la décision. Cette affaire soulève des questions cruciales sur l’intégrité scientifique, la collaboration entre institutions et la gestion des conflits académiques. En fin de compte, la résolution de cette affaire dépendra de la volonté des institutions de faire respecter les normes académiques et éthiques, quelles que soient les difficultés rencontrées en cours de route.

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