Airbus : La bataille des hélicoptères de poids lourds

Le dilemme des commandes d’hélicoptères militaires

La menace d’une annulation de commandes d’hélicoptères militaires de poids lourds par les Émirats arabes unis (EAU) a suscité des controverses au sein d’Airbus. Parallèlement, des négociations se poursuivent avec la Norvège concernant le modèle NH90.

En dépit d’une augmentation de 19% de son bénéfice en 2022, atteignant 639 millions d’euros, Airbus Helicopters est confronté à des défis majeurs. Un des plus importants étant l’annulation potentielle par les EAU de leur commande de 12 hélicoptères militaires H225M Caracal, évaluée à près d’un milliard d’euros.

Le rôle crucial des relations bilatérales

Airbus reste discret concernant la possible annulation de cette commande par les EAU, tout en soulignant l’importance de leur relation de longue date. « Nous avons servi les forces armées des EAU pendant plus de quarante ans et nous sommes fiers de cette relation qui favorise également les relations bilatérales entre la France et les EAU », a déclaré l’entreprise.

Recherche d’une issue favorable

Une annulation de cette commande majeure serait un coup dur pour les usines Airbus de Marseille-Marignane. L’agence Tawazun, l’autorité émiratie en charge des acquisitions dans le domaine de la défense, reproche à Airbus de ne pas répondre à ses attentes en termes de coûts d’exploitation et de compensations industrielles.

Le parcours des hélicoptères lourds

Le H225M, surnommé “Caracal” dans l’armée française, est un hélicoptère de poids lourd vendu à une dizaine de pays en dehors de la France et des EAU. Cependant, le NH90, un autre modèle d’hélicoptère lourd, a également rencontré des difficultés.

Problèmes avec le modèle NH90

Parmi les clients du NH90, l’Australie a déclaré qu’elle ne renouvellerait pas ses commandes et chercherait à l’avenir un fournisseur américain. De même, la Norvège a annoncé en juin 2022 qu’elle souhaitait retourner ses NH90 à NH Industries et être remboursée à hauteur de 500 millions d’euros, invoquant une disponibilité insuffisante de ces hélicoptères de dernière génération.

Négociations en cours avec la Norvège

Actuellement, Airbus Helicopters propose au gouvernement norvégien de remettre à niveau les hélicoptères du pays pour une somme beaucoup moins importante que celle offerte aux fournisseurs américains. L’entreprise soutient que cette option serait plus judicieuse qu’un procès long et coûteux.

Mesures d’amélioration

Selon Matthieu Louvot, vice-président d’Airbus Helicopters, bien que certains pays se plaignent de la faible disponibilité du NH90, d’autres sont très satisfaits. Il admet cependant que la joint-venture entre Airbus et Leonardo doit améliorer significativement ses services de maintenance et de réparation pour ces hélicoptères de dernière génération.

Simplification de la maintenance

Airbus travaille actuellement sur une simplification de la maintenance de ces hélicoptères. « Nous observons des situations très différentes chez nos clients en fonction de leur chaîne d’approvisionnement, de leur main-d’œuvre et de leurs organisations », explique Matthieu Louvot.

L’avenir du programme NH90

Malgré les difficultés actuelles, Matthieu Louvot insiste sur le fait que le programme NH90 est encore en début de vie. Airbus travaille actuellement sur un lot d’une dizaine d’appareils spécialement conçus pour les forces spéciales, tandis qu’une vingtaine de livraisons de l’appareil sont prévues dans le cadre de la LPM. L’appareil est également utilisé par la marine allemande.

La question du Chinook

Matthieu Louvot confirme qu’Airbus Helicopters n’a pas d’appareils équivalents au Chinook commandé par l’Allemagne à Boeing, dont la capacité de charge est deux fois supérieure à celle des NH90 et H225. Cependant, l’armée française n’a jamais exprimé le besoin d’un appareil de cette taille, qui est plus adapté au transport qu’au combat. Néanmoins, l’armée française a été très satisfaite des capacités de transport supplémentaires offertes par les Chinook britanniques lors de l’opération Barkhane.

Conclusion

En dépit de certains défis, Airbus reste optimiste quant à l’avenir de ses hélicoptères de poids lourds. L’entreprise continue d’améliorer ses services de maintenance et de travailler sur de nouveaux projets pour répondre aux besoins de ses clients. Elle est déterminée à maintenir ses relations de longue date avec ses clients et à continuer à jouer un rôle crucial dans le domaine des hélicoptères militaires.

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