La BCE plaide pour une nouvelle augmentation des taux d’intérêt face à l’inflation

Une lutte contre l’inflation toujours d’actualité

Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE) et membre du directoire, prône une nouvelle hausse des taux d’intérêt en mai pour continuer à combattre l’inflation. Il invite également les gouvernements à diminuer leur soutien financier pour les factures de gaz et d’électricité, facteurs contribuant à l’augmentation des prix.

Selon les indicateurs économiques, la zone euro a évité la récession annoncée à l’automne dernier. La baisse des prix de l’énergie, en particulier du gaz, et la réduction des goulots d’étranglement ont permis d’améliorer la confiance des consommateurs et des entreprises. Toutefois, de nombreuses incertitudes subsistent, notamment en ce qui concerne l’économie mondiale, la guerre en Ukraine et la politique de l’OPEP.

Le rôle des salaires dans l’inflation

En 2022, l’évolution des salaires a été relativement lente, permettant à de nombreuses entreprises d’augmenter leurs bénéfices. Cette année, les salaires augmentent nettement au-delà du niveau habituel, autour de 5 %, mais un ralentissement est prévu en cours d’année.

L’inflation dans la zone euro a baissé de manière significative, passant d’un pic de 10,6 % en octobre à 6,9 % en mars. La BCE estime que l’inflation est en voie de diminuer davantage, mais son principal objectif est de s’assurer qu’elle se rapproche de 2 %, le taux souhaité, dans un délai raisonnable.

La nécessité d’augmenter les taux d’intérêt

Les marchés et les banques imposent des taux d’intérêt beaucoup plus élevés, ce qui entraîne une baisse de la demande de prêts immobiliers pour les ménages et une diminution des investissements pour les entreprises. La hausse des taux d’intérêt a également favorisé l’appréciation de l’euro.

Pour la réunion du 4 mai, les données actuelles indiquent qu’il faudra augmenter de nouveau les taux d’intérêt. Au-delà de cette échéance, l’évolution des taux dépendra des données économiques. Cependant, l’analyse suggère qu’il ne serait pas approprié de maintenir le taux de dépôt actuel de 3 %.

Les risques d’une inflation durablement ancrée

Bien que l’inflation soit très élevée depuis l’automne 2021, Philip Lane ne pense pas qu’elle soit durablement ancrée. Plusieurs phénomènes successifs ont contribué à l’inflation actuelle, tels que la pandémie, la guerre en Ukraine et les prix élevés des denrées alimentaires. En revanche, les prix de l’énergie baissent plus rapidement que prévu. Il est toutefois crucial pour la BCE d’augmenter ses taux d’intérêt afin de ramener l’inflation à 2 % le plus rapidement possible, afin de prévenir le risque d’une inflation durablement ancrée.

La situation des banques face aux turbulences du marché

En mars, la faillite de la SVB aux États-Unis et les difficultés rencontrées par Credit Suisse en Suisse ont suscité des interrogations sur le système bancaire européen. Cependant, les investisseurs ont rapidement compris que le système bancaire de la zone euro est étroitement surveillé et que les problèmes observés aux États-Unis et en Suisse sont moins susceptibles de se manifester dans la zone euro. Néanmoins, la forte augmentation des taux d’intérêt exige un ajustement important pour le système financier.

Les appels à réduire les aides aux factures d’énergie

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a appelé à plusieurs reprises les gouvernements à réduire les aides aux entreprises et aux ménages pour les factures d’électricité et de gaz. La baisse des prix du gaz justifie cette demande, et la réduction des subventions permettrait de réduire les pressions inflationnistes et de ramener l’inflation à l’objectif de 2 % plus rapidement.

La fin de l’ère de l’argent gratuit

Selon Philip Lane, les taux d’intérêt nominaux devraient être élevés au cours des prochaines années. Toutefois, même lorsque l’inflation reviendra à son objectif d’environ 2 %, les marchés financiers ne s’attendent pas à ce que les taux d’intérêt reviennent aux niveaux très bas d’avant la pandémie, mais plutôt qu’ils se normalisent à environ 2 %. Cela signifie que la période d’argent gratuit, avec des taux d’intérêt extrêmement bas, ne devrait pas revenir. Néanmoins, un taux d’intérêt d’environ 2 % reste faible à long terme, et les facteurs qui existaient avant la pandémie, tels que le vieillissement de la population et la faible croissance, demeurent.

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