Deutsche Börse/Nyse Euronext,la dernière des grandes fusions

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Deutsche Börse/Nyse Euronext,la dernière des grandes fusions

Messagepar comeback » Février 10th, 2011, 8:15 pm

Deutsche Börse/Nyse Euronext, la dernière des grandes fusions

Une fusion entre Deutsche Börse et Nyse Euronext, en donnant naissance au premier opérateur boursier mondial, laisserait à leurs concurrents très peu de latitude pour grossir à leur tour, estiment des analystes.

Mais si l'apparition de ce géant des marchés suscite l'enthousiasme du secteur, plusieurs questions restent en suspens, notamment la possible réaction des autorités de régulation à ce rapprochement et l'avenir de certaines places boursières, comme Paris.

Jeudi, les réactions se sont multipliées pour mettre en garde contre une éventuelle perte d'activité de la place parisienne au profit de Francfort et New York, l'Autorité des marchés financiers (AMF) se disant vigilante sur le projet de fusion et la ministre de l'Economie Christine Lagarde déclarant le suivre avec attention.

Nombre d'observateurs sont restés bouche bée après l'annonce de discussions entre Deutsche Börse et Nyse Euronext, intervenue mercredi, juste après celle du rachat prévu de l'opérateur de la Bourse de Toronto par celui de la Bourse de Londres.

Certains rêvent déjà d'un colosse américano-européen capable de tenir tête au Chicago Mercantile Exchange (CME), le plus grand marché de dérivés au monde.

"Je crois que cela change tout et que cela donnera naissance à un marché de 'futures' qui ressemblera à celui de CME", a déclaré Ruben Lee, d'Oxford Finance Group.

"C'est le début de la fin (de la consolidation). On imagine difficilement un autre opérateur majeur voir le jour. La seule possibilité serait un genre de bloc asiatique mais on en est encore loin", a-t-il ajouté.

PEU D'AUTRES CIBLES DISPONIBLES

La fusion entre l'opérateur de la Bourse de Francfort et celui des Bourses de New York, Paris et Amsterdam, notamment, laisserait très peu de cibles potentielles disponibles. Et surtout aucune dont le rachat permette, en une seule opération, d'atteindre la taille nécessaire pour rivaliser avec le géant à naître.

Si les Bourses de Varsovie ou d'Athènes peuvent désormais souffler, celles de Madrid et Zurich pourrait encore être des acquisitions intéressantes, soulignent les spécialistes.

"Tout d'un coup, même le Nasdaq semble une entreprise bien petite et ses possibilités pour grossir ne sont vraiment pas évidentes", juge Patrick Young, consultant sur les opérateurs boursiers et spécialiste des marchés de dérivés.

"Bondir au même niveau que le CME ou Deutsche Börse/Nyse Euronext sera très difficile car aucune opération unique ne vous permettra d'y parvenir."

Toutefois, la création de ce géant des marchés reste suspendue à des problèmes de régulation voire de concurrence.

Cette opération implique notamment de fusionner deux marchés de dérivés rivaux, Eurex et Liffe, ce qui risque de déplaire aux autorités antitrust, selon des courtiers londoniens.

"QUASI-MONOPOLE" SUR LES DÉRIVÉS EN EUROPE

Liffe, propriété de Nyse Euronext, a accueilli 61,7% des transactions de contrats à terme sur les actions en Europe en 2010, contre 32% à Eurex, géré par Deutsche Börse, soit une part de marché potentielle de près de 94% sur le Vieux continent, selon la Fédération mondiale des Bourses (WFE).

Le groupe issu de la fusion contrôlerait près de la moitié des transactions sur les options aux Etats-Unis et disputerait la première place européenne du marché actions spot en Europe face au London Stock Exchange (LSE) et à la plate-forme alternative Chi-X Europe.

"Le dernier enjeu (que pose cette fusion) est la position de la Commission européenne, si cette fusion va jusqu'au bout ils auront un monopole sur les dérivés en Europe", a indiqué jeudi lors d'une conférence de presse à Bruxelles Alain Papiasse, responsable de la banque de financement et d'investissement de BNP Paribas.

"C'est une opération massive et mondiale. Les deux groupes sont déjà imposants dans les marchés actions et les dérivés, et par conséquent les régulateurs devront l'examiner", renchérit Herbie Skeete, de l'institut de recherche sur les Bourses Mondo Visione.

En outre, le nouveau mouvement concentrique qui agite les Bourses mondiales, après la première vague intervenue en 2006 et 2007, risque d'être vu comme allant à l'encontre des intérêts nationaux dans chacun des pays concernés.

Le projet de rachat de TMX, opérateur de la Bourse de Toronto, par le LSE pourrait par exemple se heurter à une vive opposition au Canada, à l'instar de celle que connaît le projet de fusion entre l'opérateur de la Bourse australienne ASX et homologue de Singapour.

Avec le bureau de Paris et Foo Yun Chee à Bruxelles, Jean Décotte pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten
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